Ce 30 mars 2025, le Pr Faustin Archange Touadéra, commémore l’an quatre de son investiture à la Magistrature Suprême de l’Etat en vue de son second mandat. Toutefois, la question que l’on se pose est de savoir, trois ans pour quel bilan ? En effet, le Président de la République, Pr Faustin Archange Touadéra, est entrée en fonction le 30 mars 2016, pour son premier quinquennat. Nul n’a besoin de rappeler que ce dernier a hérité d’un pays qui était au bord du gouffre, au point que certains observateurs qualifiaient le pays sur le plan sécuritaire d’un «d’Etat failli» ou en état de «pré-génocide».
Le 1er mandat du Président Touadéra, comme il l’a si bien rappelé lors de son discours sur l’Etat de la nation, le 28 décembre 2024, à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, était naturellement un véritable challenge, mais aussi une opportunité d’amener les filles et fils du pays à se redonner la main et, dans un même élan, de sortir le pays du cercle vicieux des crises à répétition et de le remettre sur le chantier de la reconstruction. Quatre ans aujourd’hui qu’il est à son second quinquennat, les chiffres et les actions parlent d’eux-mêmes.
Ainsi, le gouvernement a élaboré le Plan de Relèvement et de Consolidation de la Paix en Centrafrique (RCPCA), sur la période 2017-2023, dont l’un des principaux axes, a été la restauration de la sécurité et la refondation de l’Armée. A cela s’ajoute la tenue courant mars 2022, d’un Dialogue Républicain. La levée totale de l’embargo sur les armes à destination des FACA ainsi que la levée totale de la suspension sur les exportations du diamant brut de la République Centrafricaine et sa réintégration dans la grande famille du Processus de Kimberley.
Dans le domaine de la reconstruction de l’Armée
Dans le domaine de la reconstruction de l’armée, la République Centrafricaine est passée d’un effectif théorique de 7.000 militaires en 2016 à 23.000. A cela s’ajoute la construction ou la réhabilitation des infrastructures militaires et la chaîne de commandement rétablie par la réorganisation de l’Etat-Major des Armées, la création de sept (7) Zones de Défense et leur Etat-major, de 13 Bataillons d’Infanterie Territoriale (BIT), de deux Bataillons d’Intervention Rapide (BIR) et d’un Groupement Spécial de Protection Républicaine (GSPR). Ceci, grâce à la coopération militaire avec plusieurs pays, dont les Etats-Unis d’Amérique, la Fédération de Russie, la République Démocratique du Congo, le Rwanda et l’Ouganda.
L’on note également dans la vision d’une armée de garnison, la construction de la Base Logistique Principale des FACA au PK 22, sur la route de Damara et la construction d’un schéma directeur de développement des infrastructures militaires qui permettre de reconstituer le parc immobilier de l’Armée.
Sur plan de la restauration de l’autorité de l’Etat, la mise en œuvre de la Politique Nationale de Sécurité et la Stratégie Nationale de la RSS, ont permis d’avoir un effectif de 4.600 Gendarmes, alors qu’en 2016, le pays n’avait que 2.500 gendarmes.
De nouvelles unités ont été créées, à savoir trois (3) Légions Territoriales à Bouar, Bambari et Kaga-Bandoro, un (1) Escadron polyvalent à Paoua, trois (3) Groupements à Mbaïki, Berberati et Bossangoa et quatre (4) Compagnies à Boda, Carnot, Batangafo et Paoua.
S’agissant de la Police Nationale, les recrutements successifs ont porté l’effectif de 1.474 Policiers en 2016 à 4.308 Policiers en 2024. En vue de rapprocher la Police de la population, de nouvelles unités ont été créées, notamment, des Commissariats de Sécurité Publique à Damara, Boali, dans les 9ème Arrondissements de Bangui. Des Commissariats Spéciaux, ont également été créés à Rafaï, Bagandou et Sosso-Nakombo.
Plusieurs infrastructures ont été, soit construites, soit réhabilitées, dans plusieurs villes de provinces. Un hôpital militaire a été créé au Camp Kassaï, dans le 7ème arrondissement de Bangui. Toutes ses réalisations ont permis à l’instauration de l’autorité et de la souveraineté de l’Etat, sont pleinement exercées sur toute l’étendue du territoire national.
L’effectivité de la politique nationale de décentralisation et de régionalisation par la réorganisation des circonscriptions administratives du pays. Le pays dispose désormais de sept (7) Régions sous l’autorité chacune d’un Gouverneur. La création de quatre (4) nouvelles Préfectures, passant de 16 à 20 en 2024. Aussi, 12 nouvelles Sous-préfectures ont été créées. Ce qui passe de 72 à 84 en 2024.
Le processus global de paix poursuivi de la signature, le 6 février 2019 de l’APPR, a connu des progrès significatifs sur plusieurs plans.
Cependant, il faut aussi relever que les opérations de Désarmement, Démobilisation, Réinsertion et Rapatriement «DDRR», ont permis de récupérer 5.070 armes de guerre, désarmer et démobiliser 7.000 ex-combattants et 2.000 dissidents de la CPC, réintégrer 3.819 ex-combattants dans divers secteurs d’activités socio-économiques et incorporer 1.000 autres dans les Forces de Défense et de Sécurité.
Outre ces actions de réinsertion socio-économique et grâce au Projet de Réintégration des Ex-Combattants, financé par la Banque Mondiale, 70 infrastructures de base prévues en faveur des communautés ont été construites dans plusieurs localités, notamment des Centres de santé, des Ecoles, des marchés, des ponts, des gares routières, des infrastructures sportives.
L’apport de la Minusca, à travers les projets de la Réduction des Violences Communautaires (CVR), a permis la collecte de plus de 10.000 armes de tous calibres et la mise en place des formations dans divers domaines socio-économiques au profit des bénéficiaires cibles.
Conformément à la vision stratégique du Président Touadéra, qui consiste à œuvrer pour parvenir à zéro groupe armé sur l’ensemble du territoire national, neuf (9) groupes armés, sur les 14 ont prononcé leur dissolution et le rapatriement en Ouganda 140 ex-combattants de la LRA.
La poursuite de la politique de «La main tendue» du Président de la République pour une paix durable dans le pays, a conduit à la réincorporation des anciens militaires, policiers, gendarmes et agents des Eaux et Forêts dans leurs corps d’origine et la reprise de service des fonctionnaires et agents de l’Etat, membres des groupes armés ayant décidé de revenir dans la République.
Cyrille Renaldi Wegué Nidi