Face à la demande des leaders du BRDC, réclamant la tenue coûte que coûte d’un dialogue politique avant la tenue des élections en République Centrafricaine, le Président Touadéra, dans son discours d’anniversaire de l’an 4 du second quinquennat, le 30 mars dernier, a déclaré qu’il est sensible aux préoccupations du BRDC. Toutefois, il a profité de l’occasion pour saisir le BRDC d’une demande tendant à la précision sur le contenu, les contours structurels et les thématiques du dialogue politique sollicité, afin d’en aviser.
Alors que les leaders du BRDC projettent marcher le 4 avril 2025 pour exprimer leurs mécontentements vis-à-vis de la gouvernance du Président Touadéra, cependant, le Chef de l’Etat Centrafricain, se dit prêt à discuter de la situation socio-politique du pays, mais à une certaine condition.
Selon le Président Touadéra, il a été sensible aux préoccupations d’une partie de l’opposition démocratique dénommée «Bloc Républicain pour la Défense de la Constitution du 30 mars 2016» (BRDC), qui sollicite l’organisation d’un dialogue politique dont l’objectif serait : «d’explorer les solutions pouvant garantir l’organisation des prochaines élections générales avec des garanties d’inclusivité, de transparence et dans le strict respect des délais légaux, afin d’éviter, entre autres, une crise électorale aux conséquences forcément graves», fin de citation.
Pour le Président Touadéra, en dépit des menaces, à peine voilées d’une nouvelle déstabilisation du pays contenues dans la correspondance, «j’ai pris, dans l’intérêt supérieur de la Nation, acte de cette demande, persuadé qu’elle ne saurait enfin viser à saper la paix, la stabilité et la souveraineté du pays chèrement acquises par le peuple centrafricain, avec le soutien actif de la communauté internationale, après des crises militaro-politiques sanglantes», a-t-il déclaré.
Tout en saluant cette démarche comme un pas important vers le retour dans la République, «nous avons saisi le BRDC d’une demande tendant à la précision sur le contenu, les contours structurels et les thématiques du dialogue politique sollicité, afin d’en aviser», a précisé le Président Touadéra.
Pour ce faire, il invite tous les acteurs politiques à la retenue et à la compréhension mutuelle pour éviter de mettre en péril la Nation. Car, poursuit-il, le pays revient de très loin. Le peuple Centrafricain n’accepte aucun recul démocratique ni une atteinte à la sûreté intérieure de l’Etat.
Dans le cadre de ses responsabilités de Père de la Nation, il a affirmé qu’il doit tout mettre en œuvre pour consolider la paix par le dialogue afin d’éviter à mes concitoyens les conséquences désastreuses d’une guerre civile.
C’est pourquoi, il continue de tendre la main au BRDC, mais aussi à tous les responsables des groupes armés réfractaires à l’Accord Politique pour la Paix et la Réconciliation Nationale ou à la Feuille de Route conjointe de Luanda, pour un retour dans la République.
Le Président Touadéra a également rappelé qu’il a la responsabilité constitutionnelle de veiller au respect de la Constitution, garantir l’unité nationale, la stabilité et la sécurité de la Nation ainsi que de tous ses concitoyens. C’est pourquoi, «je ne tolérerai pas les agissements tendant à replonger le pays dans le chaos, sous des prétextes fallacieux», a-t-il insisté.
Les menaces visibles ou dissimulées sont inacceptables ! Les réseaux sociaux ne sont pas pour autant un espace de non-droit où chaque utilisateur aurait la liberté de faire, d’écrire, de partager ce qu’il entend ou ce qu’il pense des autres.
Chacun doit savoir que la liberté d’expression, garantie par la Constitution, n’est pas absolue. «Je saisis l’occasion pour rappeler qu’un système judiciaire équitable et une armée républicaine sont les fondements de la stabilité d’une nation et de son développement».
Enfin, il appelle à la primauté du droit dans toutes les affaires judiciaires.
Saint-Cyr Gbégbé-Ngaïna