La première édition du Festival dit «Kobê Ti Bê Afrika», a pris fin le samedi 16 Août 2025, au Centre Protestant pour la Jeunesse (CPJ), marquée par la remise de certificats et de trophées aux participants. Cette première édition, a pour objectif de renaître et revaloriser l’art culinaire centrafricain qui a tendance à disparaitre au fil du temps, avec méconnaissance de saveur de la cuisine centrafricaine par la nouvelle génération. A l’issue de concours de la cuisine, une vingtaine de candidats, dont 11 sont sanctionnés de certificat et de trophée. On notait 10 femmes et un homme. La première des lauréats, est Sara Bokambia, Etudiante à l’Université de Bangui âgée de 21 ans.
A cette effet, Pauline Voga, membre du comité d’organisation de ce Festival, présente l’importance de «Kobê Ti Bê Afrika», le pays est constitué des réalités et parmi ces réalités, il y a le côté culinaire. Le côté culinaire, ne sont pas des poulets pourris, encore moins des poissons pourris qui tuent les gens en douceur. «Là maintenant, l’arme qui est prête à notre disposition, c’est ce que nous mangeons. Même avant de mourir, on mange. Chez le docteur, même les médicaments, ça vient pour compléter. L’enfant qui est dans le ventre, mange. On n’a pas besoin d’aller à l’Université pour donner à manger à une femme en grossesse. C’est à la maison. Donc, ça a commencé depuis, avant que la RCA existait. Et comme je disais, on a tendance à s’éloigner de ça. On est en train de faire un retour sur cet art. Nous qui disposons d’archive, on a hérité aussi de nos grands-parents. Vous avez vu le cas de la fille, parmi les mamans, à 21 ans. C’est le retour à la source à travers l’aspect culinaire, entre autres la cuisine», a-t-elle expliqué.
Par cette occasion, Sara Bokambia, lauréate de cette édition, revient sur ses talents en cuisine centrafricaine, «ce que j’ai préparé, c’est un plat des Banda et des Ngbaka. C’est un plat accompagné. Le plat de Banda, s’appelle Kanda Kosso et Lé-Ngago. C’est-à-dire, les galettes avec l’aubergine blanche. L’accompagnement pour les Ngbaka, ça s’appelle Kébé-Kébé. C’est en quelque sorte comme les chikwangues. Mais, c’est sans feu. Voilà, c’est ça. Et le Kébé-Kébé, j’ai appris ça quand j’étais allée en vacances avec ma grand-mère à Mongumba», a expliqué cette dernière.
Pour sa part, Sidney Christian Téa, Chef en cuisine l’un des gagnants, n’a pas caché sa motivation. «Au départ, on était presque 40. A travers la présélection, on était 27. Mais, on est resté 13. Et je me suis rendue compte que d’autres ont désisté. J’ai fait un plat qu’on appelle le Bolou. C’est un plat qui vient de Kouango. C’est un plat local des Gbanziri, de Bangui. C’est un plat fruitier, mais qui est un peu gluant, comme le Gombo, comme le Nguiriki (sauce longue). Donc, ça veut dire que ça se prend à la base de pistache, la viande et puis, on met aussi un peu de Dadawa (graine de gnéré). Donc, c’est sur ce plat-là que j’ai essayé de me baser pour gagner ce prix».
Une telle initiative locale qui donne de la valeur à l’art culinaire centrafricain, est à encourager par tous, afin de pérenniser l’originalité et l’existence de la cuisine traditionnelle qui fait partie du patrimoine de la RCA.
Auric De Jean Jovice Ouakara