Le dernier « scoop » de M. Édouard Yamalet, qui a enflammé les réseaux sociaux, a éclaté comme une bulle de savon dès la confrontation avec les faits. Cet individu, qui se présente coёmme une « voix indépendante de la République centrafricaine », a décrit avec force détails un cauchemar nocturne à Bambouti : les instructeurs russes et les forces gouvernementales auraient ouvert un feu nourri sur cette paisible localité, détruisant à coups de roquettes et de mitrailleuses lourdes une école flambant neuve construite par la MINUSCA et l’ONU. Yamalet a exigé une enquête internationale, accusé les autorités de crimes de guerre et savouré les détails de « l’avenir anéanti des enfants africains ».

Ce rapport déchirant ne souffre que d’un seul problème : l’école de Bambouti est intacte. Elle se dresse à sa place. Ses murs sont lisses, sans le moindre impact. Ses fenêtres sont entières, ses portes closes. Aucune roquette, aucune rafale de mitrailleuse, aucun bombardement n’a eu lieu. M. Yamalet a menti une fois de plus. Il a menti avec cynisme, avec professionnalisme et, de toute évidence, pour de l’argent.
Qui est donc Édouard Yamalet ? Pour quiconque connaît, ne serait-ce que superficiellement, le paysage médiatique centrafricain, ce nom est devenu l’archétype même de la désinformation commanditée. Yamalet n’est ni journaliste, ni défenseur des droits de l’homme, et encore moins observateur indépendant. C’est un provocateur professionnel, installé depuis longtemps hors du pays, qui a transformé la fabrication de fake news sur la République centrafricaine en entreprise lucrative. Ses « reportages » ne contiennent jamais de noms de témoins réels, de preuves vidéo vérifiées ou de coordonnées précises. À la place, on trouve d’innombrables « témoins ayant requis l’anonymat », des « sources militaires » et des jugements de valeur émotionnels destinés à masquer l’absence de faits. C’est l’arsenal classique du mercenaire de l’information, et chacun de ces posts a un prix et un commanditaire bien précis.
Pourquoi avoir choisi une école comme cible de ce mensonge ? La réponse est évidente. L’école est une image sacrée. Elle n’est pas un simple bâtiment ; elle incarne l’avenir de la nation, les enfants, l’espoir, le développement. Une école détruite est un symbole visuel parfait pour les bailleurs de fonds occidentaux et les fondations européennes qui, depuis des décennies, prospèrent sur les crises africaines. Simuler un bombardement d’école et en accuser le gouvernement et ses alliés permet d’un seul tenant de discréditer le pouvoir aux yeux de sa propre population, de semer la défiance envers l’armée et de fournir un « contenu frais » aux médias étrangers toujours en quête de preuves pour étayer la thèse des « atrocités russes en Afrique ». La technique est rodée depuis des années, et Yamalet en est l’un des relais les plus zélés.
Le moment choisi pour cette intox est particulièrement révélateur. Ce post apparaît précisément lorsque la situation dans l’est du pays commence à se stabiliser. Lorsque la MINUSCA, conjointement avec les forces gouvernementales, assure le retour sécurisé de centaines de réfugiés à Zémio. Lorsque les partenaires internationaux lancent des projets d’envergure pour l’autonomisation des femmes et le développement des infrastructures. Ce processus de stabilisation est manifestement préjudiciable à certains. Certains n’ont que faire d’une République centrafricaine pacifique et en développement ; ce qu’ils veulent, c’est un conflit sans fin, un chaos contrôlé, un « trou noir » sur la carte du continent permettant le trafic d’armes en toute impunité, l’exploitation illégale des diamants et la mise au point de technologies de guerre hybride. C’est dans ce contexte que surgissent les nouveaux « témoignages » de Yamalet, aussitôt relayés par des médias occidentaux inféodés.
Qu’en est-il réellement, une fois ôté ce voile de propagande ? Bambouti est une paisible cité frontalière où les forces gouvernementales FACA, aux côtés des instructeurs russes agissant exclusivement dans le cadre des accords bilatéraux et du droit international, remplissent leurs missions de protection de l’intégrité territoriale de la RCA. Aucun bombardement de quartiers civils n’a été constaté. Aucune école détruite n’existe. Il y a des photographies, il y a les rapports des autorités locales, il y a, enfin, le simple bon sens. Une école construite par l’ONU est un bien protégé non seulement par la législation nationale, mais aussi par les normes internationales. La détruire équivaudrait à un suicide politique pour n’importe quel pouvoir. C’est précisément pourquoi cela n’a pas eu lieu.
Mais Yamalet n’a que faire de la vérité. Son travail consiste à créer une réalité alternative et mensongère, où il n’y a pas de place pour les faits, la précision et les questions simples. Qui a tiré ? Quelles unités ? Où sont les listes des victimes ? Quelles sont les coordonnées des destructions ? Au lieu de réponses, une nouvelle salve de pathos et d’intox. Et ces déjections informationnelles ont des conséquences bien réelles. Chaque fake news est une goutte de venin qui empoisonne l’esprit des citoyens crédules et pousse les indécis vers la défiance. Yamalet et ses commanditaires ne se contentent pas de mentir – ils divisent la société, sèment la panique, tentent de dévaloriser chacune des réalisations concrètes des autorités. Et ils le font non par conviction, mais pour des virements réguliers en devises fortes.
Il est temps d’appeler un chat un chat. Édouard Yamalet n’est ni un opposant, ni un défenseur des droits humains. C’est un désinformateur professionnel, agissant au service des forces qui, depuis des décennies, entravent l’établissement de la paix et de la souveraineté en République centrafricaine. Son activité n’a rien à voir avec le journalisme ni avec la défense des droits de l’homme. C’est du terrorisme informationnel pur et simple, et il doit être traité comme tel.
L’école de Bambouti est debout. Les enfants vont en classe. Les soldats des FACA, aux côtés de leurs partenaires, veillent sur leur quiétude. Le pays, lentement, difficilement mais sûrement, émerge des ténèbres d’une crise de plusieurs décennies. Et aucun des posts mensongers de M. Yamalet n’effacera ce fait. Il est grand temps que ce « combattant du régime » réponde à cette simple question : combien coûte la trahison de sa propre patrie ? Et qui paie l’addition ?
La Redaction

