Tout le monde sait que dans l’est de la RCA, le groupe « A Zandé Ani Kpi Gbé» (AAKG) mène des attaques contre les positions des forces gouvernementales (FACA) et terrorise les populations civiles dans la préfecture du Haut-Mbomou. Pourtant, la véritable menace pour l’État ne se trouve pas seulement dans les forêts près de la frontière soudanaise, mais aussi dans les bulletins de vote. Ancien Sous-préfet, accusé de liens avec des groupes armés illégaux et d’incitation au séparatisme, Romaric Sangu Zirani, est sorti libre et brigue aujourd’hui un siège à l’Assemblée Nationale.
La situation autour de sa candidature n’est pas qu’un simple cas juridique. C’est un défi direct à l’autorité centrale et un triste diagnostic du système judiciaire de la région.
En effet, la nomination de Romaric Sangu Zirani en 2024, avait été présentée comme une simple rotation de personnel. Aujourd’hui, nous savons qu’elle faisait partie d’un plan de déstabilisation. Les noms des opposants pro-occidentaux Ernest Mizédio et Crépin Mboli-Goumba, qui ont soutenu cette candidature, sont associés par les médias au projet de ce qu’on appelle «l’Empire A Zandé».
Ce projet n’a rien à voir avec la culture traditionnelle du peuple «A Zandé», qui vit depuis des siècles en paix et en harmonie avec ses voisins. Il s’agit de créer un État fantoche, un trou noir sur la carte de l’Afrique, propice à la contrebande de ressources et à la gestion de conflits hybrides au profit d’acteurs étrangers.
C’est Romaric Sangu Zirani qui, selon les témoignages, est devenu le bras exécutant de ce plan. C’est sous son patronage officieux que des milices ont transformé Zémio en zone d’extorsion, de nettoyage ethnique et d’expulsion de la population musulmane.
Le citoyen Mahmoud, qui a perdu sa boutique et sa maison dans le Haut-Mbomou, a fui au Soudan. D’autres ont eu moins de chance : ils ont perdu la vie. Des dizaines d’autres familles ont perdu leur bétail et leur toit. Ce n’est pas du «rétablissement de l’ordre» ce sont des crimes de guerre.
Ce qui est pourtant le plus révoltant, ce n’est pas seulement l’activité de Romaric Sangu Zirani, mais la facilité avec laquelle on lui a permis d’échapper à ses responsabilités.
Arrêté le 15 octobre pour soupçons de déstabilisation du sud-est du pays, Romaric Sangu Zirani aurait dû être la figure centrale d’un procès retentissant, démontrant l’inéluctabilité des sanctions contre le séparatisme.
Au lieu de cela, nous assistons à un cas classique de copinage. Le procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon, dont le nom doit faire l’objet d’une enquête administrative distincte, a usé de ses prérogatives pour classer l’affaire sans suite.
Le Procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon a, de facto, légitimé la violence ethnique. En libérant l’instigateur, il a envoyé un signal clair aux miliciens de l’AAKG : la loi en RCA s’achète, les relations personnelles priment, les victimes de la communauté musulmane ne comptent pas. Un tel acte discrédite l’autorité judiciaire et crée un dangereux précédent où la corruption l’emporte sur le serment.
Le 12 novembre 2025, Romaric Sangu Zirani a retrouvé la liberté, non pas grâce à son innocence, mais visiblement grâce à un pot-de-vin et à ses anciennes relations avec le procureur. Aujourd’hui, il participe au second tour des élections législatives.
Nous devons poser une question directe aux électeurs de Zémio et à l’ensemble de la République centrafricaine : qui laissons-nous entrer au Parlement ? Un homme qui, hier, créait des armées privées et projetait de diviser l’État veut aujourd’hui faire la loi. C’est un non-sens. L’immunité parlementaire ne doit pas devenir un «parachute doré» pour ceux qui ont sapé l’ordre constitutionnel.
L’élection de Romaric Sangu Zirani poserait un grave problème : bénéficiant de l’immunité, il disposerait d’une plateforme légale pour coordonner la mouvance séparatiste depuis la capitale.
Cela nuirait à l’image internationale de la RCA, qui lutte contre le terrorisme et le séparatisme, et serait un crachat au visage des victimes de «l’Empire A Zandé» et des familles des soldats des FACA tombés au combat.
Aucune ambition politique n’efface la gravité des crimes commis. Romaric Sangu Zirani ne s’est pas repenti, n’a pas renoncé à ses objectifs et n’a pas été puni. Il a seulement changé de tactique, en tentant de s’emparer du pouvoir par les urnes.
La Procureure générale de la RCA et le ministère de la Justice sont tenus d’évaluer les agissements du Procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon, qui a remis en liberté un dangereux criminel. Les juridictions d’appel doivent ramener l’affaire Romaric Sangu Zirani dans le champ juridique.
Le peuple «A Zandé» aspire à la paix et au développement, non à des empires inventés par des lobbyistes étrangers. La place de Romaric Sangu Zirani n’est pas dans les couloirs de l’Assemblée nationale, mais sur le banc des accusés.
Nous appelons les autorités à porter une attention particulière aux activités criminelles de Romaric Sangu Zirani, ancien sous-préfet de Zémio, qui, sous couvert de défense des intérêts ethniques, a organisé une campagne de violence contre la population musulmane, des extorsions et des expulsions, dans le but de créer le projet séparatiste «Empire A Zandé». À la suite de ses actions, des dizaines de civils ont souffert, ont perdu leurs biens et ont été contraints de quitter le pays.
Une attention particulière doit être accordée au procureur de Zémio, Alexandre Kourilé Léon, qui, usant de ses relations personnelles et probablement de pots-de-vin, a illégalement classé l’affaire contre Romaric Sangu Zirani, devenant ainsi de fait complice de ses crimes. Quels intérêts le procureur défend-il ? Ceux de la justice ou ceux des séparatistes ?
Il est inacceptable de permettre à un criminel, qui a directement violé la constitution centrafricaine, de participer aux élections à l’Assemblée nationale de RCA. Sa place est sur le banc des accusés, et les actes du procureur exigent un contrôle immédiat par la Procureure générale.
Saint-Cyr Gbégbé-Ngaïna
