La République Centrafricaine, un pays continental, situé au cœur de l’Afrique, avec une population qui a une histoire propre à elle. C’est un pays qui a subi la colonisation occidentale comme d’autres pays africains, marqué par des guerres et des révoltes. Plusieurs révoltes ont vu le jour parmi lesquelles la guerre de Kongo-Wara de 1928-1933, qui a eu lieu dans la région de Nana-Mambéré. Cette thématique a été développée dans l’émission de l’Histoire de la RCA, de Radio Lengo Songo, animée chaque jeudi à partir de 9 heures 05 à 9 heures 50 minutes par Elien Vitaly Ngoupendé.
D’une manière générale, la guerre de Kongo-Warä, est une Révolution Républicaine qui a eu lieu en 1928 dans la région de Nana-Mambéré contre la mauvaise pratique des colons français sur la population Centrafricaine.
Kongo-Wara, est un mot de l’ethnie Gbaya qui signifie «la manche de houe». Ce qui veut dire «la guerre de Kongo-Wara» est «la guerre de la manche de houe». Ella a débuté dans les années 1928, sous le leadeurship de Karinou, communément appelé Karinou de son vrais nom Barka Ngaïnoumbe. Ce nom signifiait «celui qui peut changer le monde».
Cette révolte fait suite à la revendication de droit des Peuples Noirs à la liberté et à la vie, suite aux tortures infligées aux Oubanguiens, lors des travaux de construction du chemin de fer Congo-Océan, le commerce des Noirs et les travaux forcés dans les chantiers miniers.
Sous le leadership de Karinou, un hâté, grand sorcier, féticheur et tradipraticien de renommée de la région de Bouar et Nola, avec le soutien remarquable des Gbaya-Kara en 1924. Petit à petit, ce dernier a créé des poches de résistance jusqu’au moment de la grande révolution en 1928 dans son village natal de Naïm, puis a gagné tout le territoire centrafricain avant de toucher une partie de l’Afrique Equatoriale Française (AEF) Baïboukoum au Cameroun et Moyes-Sala au Tchad.
Il avait au total, plus de 350.000 hommes, dont les plus célèbres sont aux nombres de 60.000 hommes qui affrontaient les blancs et résistaient devant la puissance de feu des français.
Ils attaquaient les villages Ngakomban, la ville de Baboua jusqu’à la ville de Bouar et détruisaient les installations des colons. Avec leurs fétiches, ils transformaient les Blancs en singe.
Le féticheur Karinou, l’intouchable et redoutable qui n’est pas atteint par les balles des fusils, a infligé une perte cuisante au Français. Ce qui a suscité la réaction du gouvernement français, qui a engagé une force aérienne qui va atteindre Karinou le 11 décembre 1928.
Ce qu’il faut souligner est que, cette guerre de révolution qui a débuté en Centrafrique, a touché une grande partie de l’Afrique Equatoriale Française et ce héros de la révolution centrafricaine, n’est pas passé inaperçu du public Centrafricain, ce qui a favorisé la création d’une compagnie aérienne dans un passé récent dans le pays du nom de «Karinou Air Line» et une avenue dénommée avenue Kongo-Wara.
Walter Hugues Pounebamble
