L’émission «Gardez l’Ecoute» de Radio Lengo Songo, a consacré son thème du mercredi 17 février 2026, à une problématique qui continue de secouer les communautés rurales centrafricaines, la transhumance, autour du thème : «Agissons ensemble pour une Transhumance apaisée et prospère en RCA». Les échanges ont mis en lumière les enjeux économiques, sociaux et sécuritaires liés aux déplacements saisonniers des troupeaux. Chaque année, des milliers de bœufs traversent villages et champs à la recherche d’eau et de pâturages. Si cette pratique ancestrale est vitale pour l’élevage et l’économie nationale, elle reste aussi l’une des principales sources de conflits entre éleveurs et agriculteurs.
L’invité de cette émission, est Soumaïn Haroun, Chargé de mission en matière de Production Animale au Ministère de l’Elevage et de la Santé Animale, a rappelé que la transhumance n’est pas un problème en soi, mais une activité qui nécessite organisation, dialogue et discipline collective.
Selon l’intervenant, les conflits ne sont pas uniquement liés à la question foncière. Ils sont aussi provoqués par le non-respect des couloirs de transhumance, la destruction des cultures, l’absence d’identification des animaux, la faiblesse du contrôle sur la transhumance transfrontalière, et parfois, l’instrumentalisation des frustrations locales.
La transhumance transnationale, avec l’entrée de troupeaux venant des pays voisins, accentue la pression sur les ressources naturelles déjà fragiles et complique la gestion des déplacements.
Le Ministère de l’Elevage et de la Santé Animale, via Soumaïn Haroun, a affirmé avoir mis en place plusieurs mécanismes notamment la délimitation des couloirs de transhumance, la sensibilisation des éleveurs et des agriculteurs, le projet de marquage des bovins et de création d’un fichier national, et le dialogue communautaire avec les autorités locales.
Cependant, sur le terrain, les populations continuent de dénoncer, le manque d’application des textes, l’insuffisance des contrôles, et l’absence de sanctions contre les contrevenants.
Une transhumance bien organisée pourrait devenir une source de prospérité pour tous à savoir développement du commerce de bétail, la création d’emplois ruraux, sécurisation des marchés, réduction des conflits communautaires, renforcement de la cohésion sociale. Mais cette prospérité reste conditionnée à une régulation forte et visible de l’Etat. Si les discours sont rassurants, les populations attendent désormais des preuves concrètes de régulations.
Marcelin Endjikélé Kossikako
