A l’occasion de la Journée Mondiale de la Santé, le mardi 07 avril 2026, le Ministre Centrafricain de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé, alerte sur la résistance antimicrobienne dans le pays. Le thème retenu pour cette année est «Unissons-nous pour la santé, soutenons la science».
Dans son message à cette occasion, le Ministre Centrafricain de la Santé et de la Population, Dr Pierre Somsé, a rappelé que plusieurs priorités, ont été identifiées à l’échelle mondiale, notamment l’équité sanitaire, la santé mentale, le changement climatique et la résistance antimicrobienne.
En République Centrafricaine, l’accent est particulièrement mis sur cette dernière problématique, considérée comme une menace majeure pour la santé publique. Malgré des avancées observées dans certains pays africains, l’accès universel aux soins de santé, demeure un défi. En Centrafrique, les inégalités d’accès restent préoccupantes, tant entre les populations qu’entre les différentes zones du pays.
Face à cette situation, le gouvernement a engagé plusieurs actions, parmi lesquelles la réhabilitation des infrastructures sanitaires, le renforcement des ressources humaines qualifiées, l’amélioration de l’approvisionnement en médicaments essentiels, ainsi que l’extension de la gratuité ciblée pour les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.
Des efforts sont également consentis pour intensifier la lutte contre les maladies telles que le paludisme, le VIH et la tuberculose, renforcer la surveillance épidémiologique et promouvoir l’engagement communautaire, notamment à travers la digitalisation du système d’information sanitaire.
Le membre du gouvernement, a également insisté sur l’importance de la santé mentale, particulièrement dans un contexte marqué par les crises sanitaires et sécuritaires. Selon des données internationales récentes, les conséquences de la pandémie de COVID-19 ont contribué à une hausse significative des troubles liés à l’anxiété et à la dépression.
En Centrafrique, plusieurs districts sanitaires sont aujourd’hui exposés à ces risques, accentuant la nécessité d’intégrer les enjeux climatiques dans les politiques de santé publique. Le point central de la déclaration a porté sur la résistance aux antimicrobiens.
Selon Dr Pierre Somsé, la République Centrafricaine affiche un taux particulièrement élevé, estimé à 85%, bien au-dessus de la moyenne africaine. Cette situation s’explique notamment par la prolifération de médicaments de qualité inférieure ou falsifiés, la vente illicite de produits pharmaceutiques dans les rues, l’exercice illégal de la médecine et les prescriptions non conformes aux normes.
Une étude menée à Bangui révèle que la totalité des points de vente informels de médicaments ne disposent d’aucune autorisation officielle et que la majorité des produits proposés sont d’origine inconnue, souvent conservés dans des conditions inappropriées.
Les conséquences sont lourdes notamment augmentation des maladies graves, développement de résistances aux traitements, complications médicales et impact économique considérable pour les familles et le système de santé.
Pour ce faire, Dr Pierre Somsé, a lancé un appel pressant à la population à privilégier les structures sanitaires agréées, à éviter l’automédication et à se méfier des vendeurs informels. Il a également exhorté les professionnels de santé à respecter strictement les normes scientifiques et éthiques dans leurs pratiques.
Aux partenaires et organisations, il a demandé de s’aligner sur les standards nationaux, dénonçant certaines pratiques illégales menées sous couvert d’actions humanitaires.
Au vu de tout ce qui précède, Docteur Pierre Somsé, a rappelé que la santé ne se limite pas à l’absence de maladie, mais constitue un droit fondamental et un levier essentiel de développement. Il a réaffirmé l’ambition du gouvernement de bâtir un système de santé résilient, équitable et performant, capable de répondre aux besoins de tous les Centrafricains. «Refusons les mauvaises pratiques, faisons confiance à notre système de santé et unissons-nous pour une médecine fondée sur la science», a-t-il conclu.
Marcelin Endjikélé Kossikako
