Le Premier Ministre, Chef du Gouvernement, Félix Moloua, a présidé le mercredi 08 avril 2026, la cérémonie de remise de Rapport Annuel de performance économique financière des risques budgétaires des entreprises par des établissements publics de 2022-2024, dans la salle de conférence de la Primature à Bangui. L’objectif, est de mesurer comment les entreprises publiques et parapubliques doivent soutenir l’Etat par le versement de dividendes dans la caisse du Trésor Public. Cette rencontre a vu la participation de plusieurs membres du gouvernement, les Directeurs Généraux des entreprises et les partenaires internationaux.
Dans son discours de circonstances, le Premier Ministre Centrafricain, Félix Mloua, a interpelé les membres du gouvernement à doubler d’efforts et arrêter la mauvaise manière de servir le pays. «Nous avons tous suivi la performance des entreprises et établissements publics en République Centrafricaine. Evidemment, ce sont des outils qui devant permettre à notre pays de collecter les ressources domestiques, qui devaient renforcer la recette de l’Etat. Malheureusement, leurs performances ne sont pas à la hauteur de nos attentes. Selon le présentateur, qu’est-ce que l’Etat tire de ces entreprises ? Nous devons avoir honte. Il donne l’exemple de la Côte d’Ivoire où l’Etat gagne 90 milliards par ans de dividende. Depuis plus de trois ans, aucune entreprise ne verse de dividende à l’Etat. C’est-à-dire, n’apportent pas leurs contributions pour renforcer la caisse de l’Etat. Et on a essayé de parler entre nous les membres du gouvernement, les Directeurs Généraux, nous devons tous avoir hante», a-t-il accusé.
Il a profité de l’occasion, au nom du Président de la République, Pr Faustin Archange Touadéra, féliciter le partenaire traditionnel du pays, la Banque Mondiale qui a soutenu la rédaction du Rapport qui est très utile pour la RCA, en ce sens, qu’il montre les faiblesses de l’Etat, tout en proposant quelques pistes de solutions, notamment sur la Loi 20.004, sur laquelle, le gouvernement travaille pour le moment, et semble être la base pour recadrer les choses, établir une disposition d’évaluation de performance de ces entreprises.
Il rappelle par ailleurs, que «c’est dans ce sens que nous allons travailler pour que dans l’avenir de ces entreprises soit utile pour notre pays. Nous ne pouvons pas prendre des dispositions pour mettre des ressources dans des entreprises qui ne nous rapportent rien à l’Etat. Nous créons des structures budgétivores. C’est n’est pas dans cet objectif que nous avons créés ces structures», a conclu ce dernier.
Pour sa part, le Ministre des Transports et de l’Aviation Civil, Herbert Gontran Djono-Ahaba, a réagi que «le vrai problème se trouve dans la Loi 20.004. Apparemment, cette Loi a été rédigée par des non-juristes. Elle met en contradiction la mise en place des statuts des structures de gestion de ces entreprises. Et l’autre aspect, est la question du mécanisme de suivi des recettes qui concerne le portefeuille de l’Etat par le ministère des Finances», a-t-il relevé.
Cependant, le Ministre de l’Economie Numérique, Poste et Télécommunication, Justin Gourna Zacko, pense que c’est aussi bien de revoir les textes, mais il faut plutôt mettre en place un mécanisme de suivi. «Oui ! C’est bien les textes juridiques. Mais, il faut qu’il y ait des décisions et des actes de gestions qui soient prises. Nous avons des entreprises qui sont créées au modèle sur lequel, je ne sais pas. Mais, il faut qu’il y ait un mécanisme de suivi de ces entreprises», a proposé ce membre du gouvernement.
Entretemps, le Ministre des Petites et Moyennes Entreprises et de la Promotion du Secteur Privé, Hyppolite Robard Ngaté, relève un manque de volonté politique et la mauvaise gouvernance. «Je suis très satisfait de la chute du présentateur qui a donné une recommandation forte. A savoir, pour chaque entreprise étatique et parapublique, les Directeurs Généraux, devraient avoir une lettre de mission. Puisque, cela manque, ça laisse une porte ouverte. Et ce qui est plus choquant. C’est que, depuis trois ans, aucune de ces entreprises ne verse un dividende à l’Etat. Ce qui relève de la mauvaise gouvernance de la part du ministère qui doit faire le suivi de ces entreprises. En abordant ce sujet, il faudrait qu’on en parle de vive voix. Il est temps que certains Directeurs Généraux partent, si on veut avoir des résultats. Aujourd’hui, l’Etat ne gagne pas sur ces entreprises. Cela relève du manque de volonté politique, qui alimente la mauvaise gouvernance, qui impacte directement sur les résultats recherchés par l’Etat. Il faut dire clairement que, le ministère des Finances n’a pas joué son rôle», a-t-il constaté.
Il est important de souligner que cette rencontre qui est la troisième du genre, a permis de jeter les bases de nouvelles stratégies permettant aux entreprises de contribuer dans les recettes de l’Etat à travers le versement de leurs dividendes au niveau du Trésor Public.
Pour cette 7ème République, il est évident que chaque centrafricain, là où il travaille, œuvre avec détermination et conscience, afin de soutenir les idéologies du Président de République, Pr Faustin Archange Touadéra pour le développement durable de la RCA.
Walter Hugues Pounebamblé
