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Dans un entretien exclusif accordé à Radio Lengo Songo (RLS), le Ministre Conseiller du Président Touadéra en matière des Nouvelles Technologies et Coordonnateur National du «Citoyen Modèle», Thierry Oronfé (TO), porte un regard positif de la RCA sur le plan social après 66 ans d’Indépendance. Une interview réalisée par Auric De Jean Jovice Ouakara.
RLS : Monsieur le Ministre Thierry Oronfé bonjour !
TO : Bonjour Monsieur Jovice Ouakara !
RLS : 66 ans après l’Indépendance de la République Centrafricaine, quel bilan peut-on établir de la situation sociale du pays ?
TO : En tout cas, je tiens tout d’abord à saluer tous les Centrafricains qui nous écoutent par la voix de la Radio Lengo Songo, et je tiens aussi à rendre un vibrant hommage à notre Père-Fondateur, le Président Barthélemy Boganda, pour l’héritage qu’il nous a laissé. Ce qui marque le 66ème anniversaire de la proclamation de l’indépendance de notre pays. Et évidemment, en tant que Coordonnateur National du Citoyen Modèle, vous nous posez cette question : Quel bilan peut-on faire de ces 66 ans ? C’est vrai que ce sera difficile ! Vous savez, faire un bilan sur 66 ans, alors que beaucoup de régimes se sont succédés pendant ces 66 ans, ce sera difficile. Il y a eu des moments de haut, il y a eu des moments de bas. En tout cas, si nous partons sur la base que notre Président-Fondateur nous a légué, et surtout avec les cinq (5) verbes de MESAN qui étaient «se Vêtir, se Loger, se Soigner, se Nourrir et d’Instruire», nous pouvons aisément nous rendre compte qu’il y a eu à l’époque, des très bons résultats. Aujourd’hui, notre pays est en train de se relever. Je dis cela pourquoi ? Parce que je vais vous donner quelques exemples. Figurez-vous à l’époque, quelqu’un qui n’avait qu’un CP, il pouvait enseigner. Par exemple, là, je me souviens, il y a un de nos présidents qui n’avait que le CP, mais qui était un brillant intellectuel. Aujourd’hui, en Centrafrique, si vous preniez un élève qui a le CP ça serait difficile. Quand vous allez comparer les résultats, ce n’est pas évident. Cela ne veut pas dire que c’est la faute d’un régime, parce que les régimes sont limités dans le temps. Pour ne donner que ceux-là comme exemples, il y en a beaucoup. Un technicien supérieur de santé, à l’époque, vous imaginez, il pouvait faire des interventions chirurgicales. Mais, aujourd’hui, il y a quand même des problèmes. Vous preniez un technicien supérieur, c’est compliqué. Donc, il y avait à l’époque, l’autosuffisance alimentaire. Aujourd’hui, c’est compliqué. De manière globale, le bilan de la représentation africaine par rapport à toutes les avancées que nous avons aujourd’hui sur le plan technologique, il y a quand même des soucis et nous devions nous retrousser les manches.
RLS : Alors dites-nous, à ce jour, les Centrafricains vivent dans des meilleures conditions sociales sous la gouvernance du Président Touadéra ?
TO : Alors, s’agissant de la gouvernance du Président, le Professeur Faustin Archange Touadéra, il y a lieu aussi de bien préciser la période. Parce que le Président Touadéra, est arrivé au pouvoir, si ma mémoire est bonne, c’est en 2016. Le 30 mars 2016, il a été investi Président. Et si nous prenons la période du Président Touadéra pour comparer les choses, quand nous allons repartir en 2016, je crois que pour le Président Touadéra, il y a eu une amélioration. Parce qu’en 2016, figurez-vous, quelle était la situation du pays ? Voyez-vous, sur le plan sécuritaire, sur le plan humanitaire, le pays a quasiment disparu. L’État était à terre. On ne pouvait pas traverser la barrière de PK 12. C’était compliqué ! Il y avait des groupes armés partout. L’administration ne fonctionnait pas. Donc, il a fallu un travail. Aujourd’hui, vous allez presque partout, il y a l’administration centrafricaine qui fonctionne. Même s’il y a une résurgence de l’insécurité, mais l’État centrafricain fonctionne. C’est ça la différence aujourd’hui. Quand vous prenez la période de 2016 à aujourd’hui, vous voyez que le différentiel est positif. C’est-à-dire que le pays a progressé pour cette période-là.
RLS : À l’occasion de ce 66ème anniversaire, quel modèle de société voulons-nous construire pour les 10 ou 20 prochaines années ?
TO : Mais, avant de répondre à cette question, il me vient à l’esprit quelque chose qui s’est passée dernièrement. Voyez-vous, ces derniers temps, il y a eu beaucoup d’accidents dans notre pays. Il y a eu des familles qui ont été endeuillées. Et c’est triste, tout simplement parce que nous, les Centrafricains, nous n’avons pas encore pris conscience d’un certain nombre de choses. Dieu nous a donné un beau pays. Il nous a donné la vie. Mais c’est à nous de nous protéger et ensuite de protéger notre pays. Par votre micro, je tiens vraiment à adresser à ces familles endeuillées, toutes nos sincères condoléances de «Citoyen Modèle» ! C’est vraiment triste ! Mais, il faut que nous, Centrafricains, qu’on puisse comprendre que nous vivons dans un pays et nous avons besoin de prendre notre pays au sérieux. Et si on ne vient pas donner des leçons aux gens, mais nous appelons les gens à une prise de conscience citoyenne.
Pour répondre à votre question, vous voyez, à l’époque de nos parents, nos grands-parents, il y avait ce qu’on appelle des valeurs, l’intégrité. Les gens sont intègres dans leur manière de vivre. À l’époque, vous voyez un militaire ou un gendarme, vous avez envie de devenir gendarme. Même un simple enseignant. Mais, aujourd’hui, on voit que c’est une simple personne. Mais, à l’époque ce sont des gens qui ont de la valeur parce qu’ils transmettent les connaissances à nos enfants. Ce sont des gens qui avaient de la valeur. À l’époque, quand un Ministre passe, vous voyez, tout le monde se met au garde-à-vous. Mais, aujourd’hui, toutes ces valeurs, l’intégrité, justice, honnêteté, honneur, toutes ces valeurs ne méritent plus. Travail, l’homme qu’il faut à la place qu’il faut : A l’époque on vous nommait par rapport à vos qualités, à vos compétences. Aujourd’hui, je dois passer par quelqu’un. J’ai besoin d’un piston, d’un appui. A l’époque, notre Père-Fondateur Boganda disait : «Zô Kwe Zô». Mais, aujourd’hui, est-ce qu’il est d’actualité de dire «Zô Kwe Zô»? Aujourd’hui, on doit te juger tu es de telle couleur ! Tu es dans telle parti politique ! Tu es de telle région ! Voyez-vous, ça détruit notre pays. Nous devons nous reconstruire sur des valeurs. Parce que vous me parlez de modèle de société, et notre modèle de société doit se baser sur des valeurs morales. En Centrafrique, beaucoup de gens, je crois que même 75% des gens sont des Chrétiens. Mais, quand vous lisez la Bible, regardez les valeurs qui sont enseignées dans la Bible. Ce ne sont pas les valeurs que nous trouvons aujourd’hui ici dans ce pays. La Bible combat la corruption, les destructions, la méchanceté, la haine. Allez dans un hôpital en Centrafrique, vous allez voir comment les gens sont traités. C’est triste ! Allez dans un centre de détention, comment vous allez voir les gens. Comment ils sont traités. C’est comme si ce ne sont pas des gens qui ont été dans une église.
Nous souhaitons vraiment que les politiques, ceux qui décident, en tout cas, qu’ils puissent poser comme centre de notre société les valeurs morales, pour qu’on puisse enseigner aux Centrafricains, comme Boganda l’avait posé. Malheureusement, on est en train de perdre ces valeurs. C’est notre souhait. Nous souhaitons dans notre pays et vraiment à tous les Centrafricains. C’est une question de réflexion. On aimerait qu’eux aussi apportent leur contribution. Mais, c’est notre position aussi dans le modèle.
RLS : Monsieur le Ministre Conseiller et Coordonnateur de la plateforme de la société civile «Citoyen Modèle», Thierry Oronfé, Radio Lengo Songo vous remercie !
Entretien réalisé par Auric De Jean Jovice Ouakara
