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La situation sécuritaire devient de plus en plus préoccupante à Batangafo, dans la préfecture de l’Ouham-Fafa. Les tensions entre cultivateurs et éleveurs se sont récemment ravivées après l’assassinat d’un cultivateur, le mardi 18 août dernier, à environ 5 kilomètres de la ville. Des personnes assimilées à des éleveurs étrangers, seraient impliquées dans cet incident, selon les informations rapportées par le Député de Batangafo 1, Cyrile Ndotiga.
Face à cette situation, l’élu de la Nation a rencontré, ce jeudi 20 août à Bangui, les professionnels des médias à l’hôtel Gust, dans le 8ème arrondissement de Bangui. L’objectif, est d’attirer l’attention des autorités nationales et de l’opinion publique sur la situation sécuritaire dans sa circonscription.
Selon Cyrile Ndotiga, cet incident a créé un climat de méfiance entre les communautés et suscite une forte inquiétude au sein de la population. Plusieurs habitants hésiteraient désormais à se rendre dans leurs champs, notamment ceux situés à 5 kilomètres des zones d’habitation. «Un cultivateur a récemment été assassiné, alors qu’il se trouvait au champ, dans un contexte lié aux tensions entre les deux communautés. Aujourd’hui, notre population a peur de se rendre dans ses propres champs, parfois situés à plus de 5 kilomètres des habitations»,a informé le Député.
Pour l’élu de la Nation, cette situation menace directement les moyens de subsistance des familles qui dépendent de l’agriculture. Il reconnaît les efforts des Forces de Défense et de Sécurité, tout en estimant que leurs effectifs et leurs moyens d’intervention, restent insuffisants au regard de l’étendue de la zone à sécuriser.
Cyrile Ndotiga demande au gouvernement de renforcer rapidement la présence des Forces de Défense et de Sécurité à Batangafo. Il souhaite également que les axes de transhumance et les zones agricoles soient davantage sécurisés afin de permettre aux cultivateurs d’accéder à leurs champs sans craindre pour leur sécurité.
Le Député appelle par ailleurs, les autorités à prendre des mesures pour prévenir de nouveaux incidents et éviter une escalade de la violence entre les deux communautés.
Il précise toutefois que sa démarche ne vise pas à stigmatiser l’ensemble des éleveurs. Selon lui, la priorité doit être la protection de tous les citoyens et l’application de la loi à toute personne reconnue responsable d’actes criminels, indépendamment de son appartenance communautaire.
Cyrile Ndotiga rappelle que Batangafo a déjà lourdement souffert des différentes crises militaro-politiques qu’a connues la République Centrafricaine. Il estime qu’une intervention rapide des autorités est nécessaire pour éviter une nouvelle détérioration de la situation.
Il invite ainsi le gouvernement à effectuer une descente sur le terrain, afin d’évaluer directement la situation, renforcer le dispositif sécuritaire et prévenir une éventuelle escalade des tensions entre cultivateurs et éleveurs. «La population de Batangafo veut simplement vivre, travailler et cultiver ses terres en toute sécurité», a-t-il insisté.
Auric De Jean Jovice Ouakara
