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Le Ministre d’Etat à la Communication Evariste Ngamana recadre Anicet Georges Dologuélé dans ses délires

août 27, 2026
Le Ministre d’Etat à la Communication Evariste Ngamana recadre Anicet Georges Dologuélé dans ses délires

SG

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A l’occasion d’une conférence de presse qu’il a personnellement animée ce jeudi 27 août 2026, le Ministre d’Etat à la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, Evariste Ngamana, recadre l’opposant Anicet Georges Dologuélé dans l’histoire du passeport que ce dernier profère des accusations fallacieuses contre le Président Touadéra. Ce qu’il faut retenir en réalité, cette question du passeport de Anicet Georges Dologuélé, soulève des considérations historiques, juridiques et institutionnelles qui méritent d’être clarifiées.

En effet, lorsqu’on parle de passeport, il faut d’abord parler de nationalité. Et lorsqu’on parle de nationalité, il faut revenir à la loi. Il ne s’agit donc pas de refaire l’histoire à convenance, mais de rappeler les faits et les règles qui permettent de comprendre la situation actuelle.

Sur le cadre juridique de la nationalité centrafricaine, le Ministre d’Etat à la Communication et des Médias, Porte-parole du Gouvernement, Evariste Ngamana, a rappelé que le 20 avril 1961, la République Centrafricaine s’est dotée de la Loi n°61.212 portant Code de la nationalité centrafricaine. Ce texte constitue, selon lui, depuis plus de six décennies un fondement historique du droit centrafricain de la nationalité. Il fixe les conditions d’acquisition de la nationalité, mais également celles dans lesquelles celle-ci peut être perdue.

A cet effet, l’article 46 du Code prévoit notamment que le Centrafricain majeur qui acquiert volontairement une nationalité étrangère perd la nationalité centrafricaine. Cette règle n’a pas été conçue pour répondre à un contentieux politique contemporain et ne vise aucune personnalité en particulier. Elle procède d’un choix ancien du législateur centrafricain et doit, comme toute règle de droit, être examinée indépendamment des personnes auxquelles elle est susceptible de s’appliquer.

Cependant, les éléments versés au débat public établissent que Monsieur Anicet Georges Dologuélé a acquis la nationalité française en 1994. La question juridique n’est donc pas de nier qu’il soit né Centrafricain, qu’il ait grandi en République Centrafricaine, qu’il ait servi l’État ou qu’il ait exercé de hautes responsabilités. Elle consiste à déterminer les conséquences juridiques que le droit centrafricain alors en vigueur attachait à l’acquisition volontaire d’une nationalité étrangère.

Cette distinction est essentielle. L’identité, l’origine, l’attachement à un pays et la nationalité juridique peuvent se rejoindre dans une même personne, mais ils ne se confondent pas nécessairement. En droit, une situation individuelle doit être appréciée au regard des règles applicables.

Le Gouvernement refuse ainsi de transformer cette question en procès politique. Il ne s’agit pas de sanctionner Monsieur Dologuélé en raison de ses opinions ou de son opposition au pouvoir. Il s’agit d’examiner sa situation juridique au regard de la nationalité centrafricaine et d’en tirer, le cas échéant, les conséquences administratives prévues par la loi.

Pour le Porte-parole du gouvernement, une confusion doit être dissipée : le passeport ne crée pas la nationalité. Il s’agit d’un document administratif et de voyage délivré par un État à une personne qui remplit les conditions légales requises.

Le passeport est donc la conséquence d’une situation juridique préexistante et non sa source. La question du document de voyage ne peut, par conséquent, être séparée de la question préalable de la nationalité.

La véritable question n’est pas de savoir pourquoi le Gouvernement aurait décidé de refuser un passeport à Monsieur Dologuélé pour des raisons politiques. La question pertinente est de déterminer s’il remplit, au regard du droit applicable, les conditions nécessaires à la délivrance d’un passeport centrafricain.

C’est à cette question que l’administration doit répondre, sur la base des textes et des règles qui régissent son action. Présenter cette affaire uniquement comme une mesure de représailles politiques revient à déplacer le débat de son terrain juridique vers celui de la polémique.

Si Monsieur Dologuélé considère que son statut juridique au regard de la nationalité appelle une autre interprétation, l’État de droit lui garantit des voies de recours. Une contestation juridique doit être portée devant les institutions et juridictions compétentes, plutôt que tranchée par les déclarations médiatiques.

Le Gouvernement est disposé à répondre aux questions relevant de sa compétence, textes et documents à l’appui, dans un esprit de vérité des faits, de respect de la loi et de défense des intérêts de la République.

Quant au débat politique et les attaques contre le Président de la République, le Gouvernement centrafricain ne peut enfin passer sous silence la tonalité de certaines déclarations récemment faites par Monsieur Dologuélé à l’endroit du Président de la République.

Pour Evariste Ngamana, contester une décision administrative, exprimer un désaccord avec l’interprétation juridique retenue ou saisir les institutions compétentes relève pleinement du débat démocratique. La liberté de critique et les voies de recours sont inhérentes à l’État de droit.

En revanche, la contestation d’une décision administrative ne saurait être confondue avec l’insulte, la diffamation ou la mise en cause personnelle du Chef de l’État. Il faut distinguer la liberté de critique, qui doit être protégée, des attaques personnelles susceptibles de dégrader le débat public et de porter atteinte à la dignité des institutions.

Le Président de la République n’est ni l’administration chargée des passeports, ni le service de l’état civil, ni le greffe d’une juridiction. Il est le Président de la République, garant de la Constitution et de la continuité de l’État. Lorsqu’un citoyen estime qu’une décision administrative lui porte préjudice, il dispose de procédures, d’institutions et de juridictions pour la contester.

Le Gouvernement condamne donc fermement la personnalisation excessive d’une question qui relève d’abord du droit. Il invite l’ensemble des responsables politiques, majorité comme opposition, à mesurer la portée de leurs paroles.

La liberté d’expression est un droit. La liberté d’opposition est un droit. La critique de l’action gouvernementale est également un droit. Mais ces libertés ne sauraient être assimilées à un droit de porter atteinte à l’honneur des personnes ou à la dignité des institutions. «Nous pouvons être adversaires politiques sans devenir adversaires de la République. Nous pouvons nous opposer sur les idées sans transformer le désaccord en affrontement personnel. Nous pouvons contester une décision sans insulter celui que nous imaginons en être l’auteur».

C’est cette hauteur de vue que le Gouvernement attend des responsables politiques et cette exigence que nous devons collectivement à la République Centrafricaine.

Saint-Cyr Gbegbé-Ngaïna

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