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À Kokpa, dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, comme à Voudambala et Pindao, les habitants dénoncent l’état de dégradation avancée des infrastructures routières. À l’approche et pendant la saison des pluies, la circulation devient particulièrement difficile, perturbant les activités économiques et le quotidien des populations.
Se rendre dans certains quartiers de Bangui relève désormais du parcours du combattant. C’est notamment le cas sur la route qui dessert le quartier Kokpa, dans le 4ᵉ arrondissement. La voie, fortement dégradée et parsemée de nids-de-poule, devient presque impraticable dès les premières pluies.
Pour les usagers, cette situation constitue un véritable calvaire. Les véhicules de transport et les camions ont du mal à accéder à certaines zones, avec des conséquences directes sur les activités économiques des habitants. Martin Yagounendji, jeune du quartier, témoigne des difficultés rencontrées au quotidien :
« On a des problèmes car quand il pleut, le camion ne peut pas venir ici. Et si le camion ne vient pas ici, on ne peut pas trouver de l’argent. L’autre jour, on a demandé à la femme du Président et c’est elle qui avait réparé ça. Mais malgré qu’elle ait réparé, quand il pleut, c’est fini : le camion ne peut pas venir ici. Je travaille ici depuis longtemps et cette situation nous cause beaucoup de problèmes. »
À Voudambala, la situation est encore plus préoccupante. En cette période de saison des pluies, l’état de la route expose les usagers à de nombreux risques d’accident. Célestin, un habitant de la localité, raconte notamment un accident survenu récemment :
« Quand il pleut, l’eau ne passe pas sous le pont, mais à côté, et la population ne peut pas traverser à pied. On ne sait quoi faire. Nous n’avons personne pour venir nous aider ici à Voudambala. Concernant les accidents, n’en parlons pas. Un jeune conducteur de taxi-moto et une femme ont fait un accident et jusqu’à présent, ils sont encore à l’hôpital. Vraiment, c’est dur pour nous ici. La situation de la route est très pénible. »
Face à l’absence de solutions durables, certains jeunes de Voudambala ont décidé de prendre eux-mêmes des initiatives pour rendre la voie tant bien que mal praticable. À l’aide de moyens rudimentaires, ils tentent de combler les parties les plus dégradées de la route afin de faciliter la circulation. Jordy, l’un des jeunes mobilisés, explique « Comme vous le constatez, on est en train de faire des efforts pour l’arranger. On nous parle d’un projet de route à Voudambala, mais nous n’avons jamais vu ce projet. Ça a commencé avec la construction du pont, mais ce n’est pas le pont que nous voulons qui a été construit. Nous qui sommes ici, nous n’avons pas d’autre chose à faire que le concassage. Et avec ce pont-là, on ne peut pas sortir les cailloux. »
La dégradation des routes n’est pas propre à ces quartiers. Plusieurs secteurs de Bangui et de ses environs connaissent également des difficultés similaires.
Le constat est notamment visible sur les axes menant vers Sakaï, Sakpa Mborla, dans une partie du 8ᵉ arrondissement, ainsi qu’à Galabadja, du côté de l’UCATEX, entre autres. Ces routes fortement dégradées compliquent les déplacements des populations, ralentissent les activités économiques et accentuent les risques d’accident, particulièrement pendant la saison des pluies.
Le gouvernement envisage plusieurs projets de réhabilitation et d’aménagement des voiries dans la capitale et ses environs. En attendant la concrétisation de ces différents projets, les habitants de ces quartiers restent confrontés à un quotidien difficile, avec l’espoir de voir leurs routes réhabilitées dans les meilleurs délais.
Rédaction
