L’audience dans l’affaire dite de Bossembélé s’est ouverte lundi 21 septembre 2026 devant la Cour pénale spéciale (CPS) à Bangui. Pour cette première phase consacrée à l’audition des témoins, la Cour a entendu des témoignages de victimes portant notamment sur les conditions de détention dans l’ancienne prison de Bossembélé, surnommée « Guantanamo ».
La première journée a été marquée par la déposition de Michael Makpevode, cité comme témoin-victime. Devant la Cour, il est revenu sur les conditions dans lesquelles il affirme avoir été détenu à la prison de Bossembélé, notamment dans une cellule appelée « Porte rouge ».
Selon son témoignage, la détention aurait été marquée par une forte surpopulation carcérale, un manque d’eau et d’installations sanitaires, ainsi que par des conditions d’hygiène particulièrement difficiles. Il a également évoqué la qualité et la quantité insuffisantes de la nourriture servie aux détenus.
Michael Makpevode affirme avoir partagé cette cellule avec d’autres prisonniers soumis, selon lui, à des traitements similaires. Son témoignage a ainsi permis à la Cour de revenir sur les conditions de détention qui auraient prévalu dans cette maison carcérale durant la période concernée par le dossier.
À l’issue de sa déposition, le témoin-victime a répondu aux questions du parquet spécial, des représentants des parties civiles et des avocats de la défense.
Mardi 22 septembre, l’audience s’est poursuivie avec la déposition de Mathurin Odilon Mamadou Gbozoa, présenté comme membre du personnel de la société ADN Système.
Selon les éléments exposés devant la Cour, il était logé dans les locaux de Bangui 2000 lorsqu’il a été arrêté à la suite de l’incendie de la société Rayan, avant d’être transféré à Bossembélé.
Devant les juges, son récit a fait écho à celui du premier témoin. Il a notamment décrit les conditions de son arrestation, son transfert vers Bossembélé et sa détention dans la cellule surnommée « Porte rouge », qu’il présente comme un lieu de torture.
Après son passage à Bossembélé, Mathurin Odilon Mamadou Gbozoa indique avoir été ramené à Bangui et détenu à la maison carcérale de Ngaragba.
Il affirme que cette période de détention a eu des conséquences durables sur son état de santé. Il évoque notamment une diminution de ses capacités auditives au niveau de l’oreille droite, malgré une prise en charge médicale après sa libération.
Après cette deuxième déposition, le président de la Cour pénale spéciale a suspendu l’audience et fixé sa reprise au jeudi 24 septembre 2026.
Ce renvoi est notamment lié à des raisons techniques concernant les travaux de réparation de l’installation électrique de la salle d’audience, ainsi qu’à l’absence de certains avocats des parties civiles et de la défense.
À la reprise, les débats doivent se poursuivre avec les questions du parquet spécial, des représentants des parties civiles et des avocats de la défense au témoin.
L’affaire Bossembélé se poursuit ainsi devant la CPS, avec des témoignages qui permettent progressivement à la juridiction de recueillir les récits des personnes ayant vécu les événements au cœur de cette procédure judiciaire.
Auric De Jean Jovice Ouakara / Prunelle Lalo Sinekele
