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Le Président de la République, Professeur Faustin Archange Touadéra, a reçu, mercredi 21 octobre 2026, à la Cité des Chefs d’État à Bangui, une délégation composée de plusieurs organisations de la société civile. Au cœur des échanges, l’arrestation de cinq leaders de la société civile, la récente hausse des prix du carburant ainsi que la nécessité de mettre en place un cadre permanent de concertation entre les pouvoirs publics et la société civile.
D’entrée de jeu, Faustin Archange Touadéra a salué la démarche de ses interlocuteurs, estimant que le dialogue constitue l’une des voies permettant de contribuer au développement du pays.
« Si quelque chose arrive dans le pays, rapidement, vous qui êtes de la société civile, vous vous concertez pour rédiger une note afin de rencontrer le Chef de l’État et échanger avec lui. Pour moi, c’est la meilleure façon de contribuer au développement d’un pays. »
Le Président de la République a également exprimé sa satisfaction d’avoir reçu cette délégation et de pouvoir échanger directement avec les représentants de la société civile.
« Je tiens vraiment à vous remercier pour cette initiative, parce que vous êtes des leaders de la société civile qui œuvrent pour le bien de la population. Puisque vous avez sollicité cette rencontre avec moi, je suis vraiment heureux de vous écouter et d’échanger avec vous. »
Sur la question sensible de la hausse des prix du carburant, le Chef de l’État a évoqué les difficultés liées au contexte international et les contraintes financières auxquelles fait face la République Centrafricaine.
« S’agissant de la hausse des prix du carburant, je voudrais vous expliquer qu’elle intervient dans un contexte de crise internationale qui affecte fortement les marchés et les coûts d’approvisionnement. »
Faustin Archange Touadéra a rappelé que la République Centrafricaine n’est pas un pays producteur de pétrole et que l’État avait, jusque-là, consenti des efforts financiers importants pour limiter l’impact de la hausse des prix sur les consommateurs.
« La République Centrafricaine n’est pas un pays producteur de pétrole. Malgré cela, l’État a consenti d’importants efforts de subvention afin d’atténuer l’impact de cette situation sur la population. »
Autre sujet majeur de la rencontre : la situation des cinq leaders de la société civile actuellement détenus. Sur ce dossier, le Président de la République a insisté sur la nécessité de respecter les prérogatives de la justice et le principe de séparation des pouvoirs.
« Concernant la situation des leaders de la société civile qui sont actuellement détenus, je voudrais insister sur un principe essentiel, celui de la séparation des pouvoirs et du respect de l’État de droit. »
Le Chef de l’État a précisé que les personnes concernées étant désormais entre les mains de la justice, il appartient à celle-ci de poursuivre son travail conformément aux procédures en vigueur.
« Les personnes concernées sont actuellement entre les mains de la justice. Il faut donc permettre à la justice de mener son travail en toute indépendance. »
Faustin Archange Touadéra n’exclut toutefois pas une intervention de sa part, mais uniquement dans le respect de ses prérogatives constitutionnelles et après l’aboutissement de la procédure judiciaire.
« En tant que Président de la République, je pourrai apprécier la situation et, le moment venu, agir dans le respect des procédures et de mes prérogatives, notamment après la décision de la justice. »
Au-delà de la situation judiciaire des leaders de la société civile, le Président de la République a également fait état d’éléments issus des investigations menées sur les téléphones et ordinateurs saisis dans le cadre de ces affaires. Selon lui, certaines informations recueillies par les services de police soulèveraient des préoccupations au regard de la paix et de la stabilité du pays.
« Je voudrais également vous dire que les enquêtes menées par les services de police sur les téléphones et les ordinateurs saisis dans le cadre de ces affaires font apparaître certains éléments que je considère comme préoccupants pour la paix et la stabilité de notre pays. »
Le Chef de l’État a par ailleurs évoqué un rapprochement entre certains éléments de ces enquêtes et les événements récemment enregistrés dans la zone de Birao ainsi qu’à la frontière avec le Cameroun.
« Certains éléments relevés au cours de ces enquêtes présentent également, selon les informations dont nous disposons, une concomitance avec les événements survenus récemment dans la zone de Birao ainsi qu’à la frontière avec le Cameroun. »
Une déclaration qui traduit, selon le Président, la nécessité de maintenir une vigilance accrue face aux risques susceptibles de compromettre la stabilité du pays.
En conclusion, Faustin Archange Touadéra a réaffirmé sa détermination à préserver la paix et la stabilité en République Centrafricaine, tout en appelant l’ensemble des acteurs nationaux à tirer les leçons des crises passées.
« Face à cette situation, je tiens à réaffirmer avec fermeté ma détermination à préserver la paix et la stabilité en République Centrafricaine. »
Le Chef de l’État a notamment fait référence aux violences qui ont profondément marqué l’histoire récente du pays.
« Nous avons connu des moments difficiles dans notre pays. Je ne voudrais pas que la République Centrafricaine retombe dans les violences et les crises qui ont profondément marqué notre histoire, notamment celles de 2013 et de 2015. »
Pour le Président de la République, la préservation de la paix ne peut cependant relever du seul pouvoir exécutif. Elle doit mobiliser l’ensemble des composantes de la société centrafricaine.
« Nous devons donc tous œuvrer pour préserver la paix, la stabilité et la cohésion dans notre pays. »
À travers cette rencontre, le Président Touadéra affiche ainsi une double posture : ouverture au dialogue avec la société civile et fermeté sur les questions liées à la sécurité et à la stabilité du pays.

Elie-Guy-Igor Lakouetene
