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Du 24 au 29 novembre 2026, Bangui sera le carrefour de l’art du conte et de l’oralité à l’occasion de la 15ᵉ édition du Festival international du conte et de l’oralité (FICO). Organisé par le Cercle de recherche et d’éducation par les arts (CREA), ce rendez-vous culturel international entend renforcer la transmission du patrimoine oral africain tout en explorant les opportunités offertes par les nouvelles technologies.
Placée sous le thème « Positionnement du conte dans la digitalisation de l’industrie culturelle et créative », cette édition réunira des conteurs venus de onze pays, notamment du Bénin, du Burkina Faso, du Cameroun, du Congo, de la Côte d’Ivoire, du Gabon, de la République démocratique du Congo, du Tchad, du Togo et du Zimbabwe, aux côtés des artistes centrafricains.
L’annonce a été faite le 4 novembre dernier, au cours d’une conférence de presse organisée au siège du CREA, dans le 9ᵉ arrondissement de Bangui. À cette occasion, le directeur du festival, Gervais Lakosso, a mis en avant la nécessité de préserver et de valoriser l’art du conte, notamment auprès des jeunes générations.
« Notre motivation est de créer un lien entre l’ancienne et la nouvelle génération, à travers un véritable courroie de transmission des arts par la parole. C’est à travers le conte que l’homme africain a commencé à interpréter son environnement et à développer sa pensée », a-t-il expliqué.
Au-delà de la préservation de cette tradition orale, le festival entend également démontrer que le développement des nouvelles technologies ne saurait faire disparaître le conte, considéré comme un patrimoine vivant et intemporel.
« Le conte, en tant qu’art de la parole, est intemporel. Malgré le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, celles-ci ne pourront jamais remplacer les contes. Car le conte, c’est la parole et tant qu’il y aura la vie, la parole aura toujours sa place », a souligné Gervais Lakosso.
Parmi les principales innovations annoncées pour cette 15ᵉ édition figurent notamment un concours de contes destiné aux enfants de moins de 13 ans ainsi qu’une compétition réservée aux jeunes filles âgées de 15 à 19 ans. L’objectif est de susciter de nouvelles vocations et de favoriser la participation des jeunes à la sauvegarde de l’oralité africaine.
Un colloque sera également organisé autour de la place du conte dans la digitalisation de l’industrie culturelle et créative. Un cadre de réflexion qui permettra d’interroger les possibilités d’adaptation et de promotion de cet art traditionnel à l’ère du numérique.
À quelques semaines du lancement des festivités, le directeur du festival lance un appel à la mobilisation du public centrafricain, particulièrement des jeunes, tout en sollicitant l’accompagnement des pouvoirs publics et des partenaires.
« Je profite de cette occasion pour appeler le public centrafricain, notamment les jeunes, à venir massivement assister à ce grand rendez-vous culturel. Je sollicite également l’appui du gouvernement ainsi que celui des partenaires techniques et financiers », a-t-il lancé.
À travers cette 15ᵉ édition, le FICO ambitionne ainsi de faire du conte un trait d’union entre les générations, mais aussi un levier de valorisation du patrimoine culturel africain dans un environnement de plus en plus marqué par la transformation numérique.
Elie-Guy-Igor Lakouetene
