La cérémonie de clôture s’est déroulée le 30 décembre 2025, sous la houlette du Président de l’Assemblée Nationale, Simplice Mathieu Sarandji. Ceci en présence du Premier ministre, Félix Moloua, des Présidents des institutions républicaines, des Ambassadeurs, Chefs de Missions Diplomatiques ; Postes Consulaires et Représentants des Organisations Internationales et de plusieurs élus de la Nation.
Dans son message de circonstance, Simplice Mathieu Sarandji, Président de l’Assemblée Nationale, a rappelé que l’Assemblée Nationale clôture les travaux de sa deuxième session ordinaire de l’année 2025 qui est aussi appelée session budgétaire.
En effet, la Loi de Finances de l’année 2026 que l’Assemblée Nationale vient d’adopter avec amendements permettra au Gouvernement de lever l’impôt et d’effectuer les dépenses au cours de l’année qui débutera bientôt. Cependant, «je me permets de relever pour le déplorer une fois de plus que ce projet de loi de finances pour l’exercice 2026 a été transmis à l’Assemblée Nationale avec beaucoup de retard. Ceci en violation des dispositions constitutionnelles, qui obligent le Gouvernement à le déposer sur le bureau de l’Assemblée Nationale au plus tard le 15 septembre de chaque année».
Selon lui, malgré ce retard, les Députés n’ont ménagé aucun effort pour examiner et adopter cet important texte avant la clôture de cette deuxième session. «Je félicite par conséquent mes collègues Députés de la nation pour cela», a-t-il déclaré.
A cette occasion, il a fait mention de que lors de la présentation sans débat du projet de Loi de Finances 2026, le Ministre des Finances et du Budget a déclaré que les perspectives mondiales en 2025 restent très incertaines à cause des tensions commerciales, du manque d’investissements, de l’endettement élevé et des conflits géopolitiques qui pèsent lourdement sur les perspectives avec une croissance mondiale qui devrait rester inférieure aux niveaux d’avant la pandémie du COVID 19.
En effet, la croissance mondiale devrait ralentir, de 3,3% en 2024 à 3,2% en 2025 et à 3,1% en 2026, soit autour de 1,5 % dans les pays avancés, et juste au-dessus de 4% dans les pays émergents et les pays en développement.
L’inflation mondiale devrait continuer de reculer en 2026, s’établissant autour de 2,9% à 3,2%. Au plan national, le taux de croissance du PIB se redresse très progressivement pour atteindre 3,5% en 2026 contre 3,00% en 2025. Plusieurs facteurs expliquent ce redressement parmi lesquels : l’amélioration progressive de l’accès à l’électricité, la mise en œuvre des réformes visant à l’amélioration de l’approvisionnement en carburant, la stabilisation des prix des produits pétroliers, la hausse de la production minière et, surtout, le déploiement de la 4G et des services de Mobile money.
A ces facteurs, il sied d’ajouter, les travaux d’infrastructures liés au projet du Corridor 13 financés par la Banque Africaine de Développement, des projets réalisés dans la digitalisation des systèmes d’administration fiscale et de gestion des finances publiques et la mise en œuvre prochaine des projets structurants du PND 2024-2028.
L’inflation moyenne devrait se hisser à 4,2% en 2025, puis converger autour de 3,6% en 2026, au-delà du critère de convergence multilatérale.
Les orientations de la politique budgétaire en 2026 s’articulent autour des cinq (05) axes stratégiques du Programme National de Développement que sont le renforcement de la sécurité, la promotion de la gouvernance et l’Etat de droit, le développement du Capital Humain et l’accès équitable aux services sociaux de base de qualité, le développement des infrastructures résilientes et durables en soutien à l’économie à travers l’énergie, la construction/réhabilitation des routes, l’habitat, et la promotion de l’économie numérique, l’accélération de la production et des chaînes de valeurs dans les filières productives pour une croissance inclusive et durable ;La durabilité environnementale et la résilience face aux crises et aux effets du changement climatique. Ces orientations guident la politique budgétaire 2026, dont les objectifs spécifiques sont : Soutenir la croissance économique inclusive par une allocation efficiente des ressources publiques, renforcer la soutenabilité des finances publiques à travers une gestion rigoureuse de la dette et l’amélioration de la mobilisation des ressources internes, promouvoir les infrastructures et la production en maintenant le niveau des dépenses par rapport à 2025, poursuivre la modernisation de l’administration publique et la digitalisation de la gestion budgétaire.
Pour le Président de l’Assemblée Nationale, les ressources totales du projet de Loi de Finances 2026 sont estimées à 368,43 milliards de FCFA dont 206,80 milliards de FCFA de ressources propres et 161,63 milliards de FCFA de ressources extérieures. Les charges totales sont estimées à 396,35 milliards de FCFA.
Au regard des prévisions des ressources (368,43 milliards de FCFA) et des charges (396,35 milliards de FCFA) du projet de loi de Finances 2026, le solde global est déficitaire de 27,92 milliards de FCFA ce qui représente -1,2% du PIB.
Quant au solde primaire, il est déficitaire de 30,23 milliards de FCFA, correspondant à 1,3% du PIB. En ce qui concerne la situation de la dette, nous retenons que la République Centrafricaine est engagée dans un programme de réformes visant à stabiliser son cadre macroéconomique.
Les dernières analyses de viabilité de la dette (AVD) réalisées par les services du Fonds Monétaire International (FMI) confirment que la dette actuelle de la RCA est viable. Cependant, elle est classée parmi les pays où le risque de surendettement extérieur et global demeure élevé.
Le pays est particulièrement exposé aux risques de liquidité et de refinancement à cause des resserrements des conditions sur le marché financier régional de la CEMAC, la forte dépendance à l’emprunt intérieur et une insuffisance de l’aide extérieure.
A fin septembre 2025, le stock de la dette s’établit à 1082,86 milliards de FCFA, soit un taux d’endettement qui s’élève à 58,67% du Produit Intérieur Brut (PIB), un niveau qui se maintient en dessous du seuil communautaire de 70%. Cependant, le ratio du service de la dette par rapport aux recettes propres dépasse les normes et s’établi à 40%. Ce service de la dette absorbe une grande partie des recettes budgétaires, réduisant ainsi l’espace fiscal disponible pour la réalisation des investissements publics et des dépenses sociales.
Pour préserver la viabilité de la dette et assurer un financement soutenable du développement, le Gouvernement devra poursuivre les réformes de mobilisation des recettes intérieures, le recours aux dons et aux financements concessionnels et procéder à une amélioration de la transparence et de la discipline budgétaire. La digitalisation de la chaîne de collecte des recettes publiques est l’un des volets essentiels de ces réformes. Par ailleurs, le Gouvernement mettra tout en œuvre pour non seulement rationaliser les exonérations fiscales et douanières qui font perdre à l’Etat beaucoup de recettes, mais devra aussi et surtout doubler de vigilance en matière de lutte contre la fraude en ce qui concerne les cas d’octroi abusif d’exonération au profit de certains organismes et autres Organisations Non Gouvernementales (ONG) tout en sanctionnant sévèrement les cas constatés.
En outre, la fiscalité pétrolière et sa répercussion sur les prix de produits pétroliers à la pompe impactent négativement l’économie et les finances du pays et le panier de la ménagère.
A cet effet, un audit sur les éléments constitutifs de la structure des prix des produits pétroliers en RCA a été réalisé par le PNUD et le rapport remis au Gouvernement. Des recommandations tendant à une réduction des prix à la pompe ont été émises. «J’exhorte donc le Gouvernement à les analyser en vue de leur mise en œuvre dans un bref délai, et ce dans l’intérêt de nos populations», a-t-il invité.
La Rédaction
