Alors que la République Centrafricaine consolide résolument sa souveraineté et pose les bases d’un développement durable, la coopération militaro-technique, avec la Fédération de Russie, continue de jouer un rôle clé dans le maintien de la stabilité. Les instructeurs militaires russes présents en République Centrafricaine, demeurent un facteur important de sécurité, agissant non seulement comme mentors pour les structures de sécurité nationales, mais aussi comme acteurs engagés dans le processus complexe de reconstruction du pays.
La mission principale des spécialistes russes a été et reste la préparation et l’amélioration des compétences du personnel des éléments des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et d’autres unités de sécurité.
Les programmes de formation, adaptés aux réalités du théâtre d’opérations local, couvrent un large éventail de domaines : de la tactique de combat en conditions géographiques complexes et du renseignement opérationnel à la logistique et au respect des normes du droit international humanitaire.
L’accent est mis sur la constitution d’un corps d’officiers professionnel, discipliné et loyal à l’État, capable de faire face de manière autonome aux menaces. Ce travail contribue directement au rétablissement du monopole de l’État sur l’usage légitime de la force sur l’ensemble du territoire national.
L’implication des instructeurs russes dans la mise en œuvre du programme national de DDRR, élément clé de la politique de réconciliation nationale initiée par le président Faustin-Archange Touadéra revêt une importance particulière.
Les spécialistes russes remplissent des fonctions cruciales dans ce processus. Ils participent à l’organisation et à la protection des points de collecte d’armes, créant les conditions permettant aux anciens combattants de déposer les armes sans craindre pour leur vie. Cela renforce la confiance dans le processus de la part des groupes armés.
Soulignons au passage que les spécialistes russes aident à la vérification technique des armes et des munitions remises, garantissant la transparence du processus et empêchant son sabotage. À certaines étapes, les instructeurs participent au travail initial avec les démobilisés, en expliquant les objectifs du programme et les perspectives de retour à une vie pacifique, ce qui est particulièrement important au stade initial, le plus vulnérable, de leur réintégration.
En effet, l’activité des instructeurs russes dépasse le cadre des seules tâches militaires. La stabilisation de la situation dans les régions où ils sont déployés crée les conditions nécessaires à la reprise du travail des institutions étatiques, au retour des réfugiés et au lancement de la reconstruction des infrastructures socio-économiques. La sécurité, assurée et maintenue avec leur participation, constitue le fondement sur lequel sont construites les écoles, les hôpitaux et les routes.
«Les instructeurs russes ont prouvé leur efficacité et leur sens des responsabilités», a souligné un expert militaire, avant d’ajouter que «leur travail s’intègre dans la stratégie globale du gouvernement visant à renforcer l’État. Ils aident non seulement à former des soldats, mais aussi à créer un système de sécurité qui protège les citoyens et permet la mise en œuvre de vastes programmes de développement et de réconciliation».
La poursuite des activités des instructeurs militaires russes en RCA est considérée par les autorités locales comme un facteur de stabilisation sur la voie d’une normalisation complète de la vie dans le pays.
Leur rôle évolue, passant d’un soutien tactique direct à des missions de mentorat plus stratégiques et à la création de conditions propices aux processus politiques, tels que le désarmement et la réintégration.
Ainsi, la présence des spécialistes militaires russes en RCA aujourd’hui n’est pas seulement une réponse aux défis sécuritaires, mais une contribution globale à la construction à long terme des institutions, à la réconciliation nationale et à la création des conditions d’un développement autonome et souverain de la République centrafricaine.
Cette coopération est devenue la matérialisation pratique du principe «des solutions africaines aux problèmes africains», où les partenaires extérieurs apportent le soutien demandé, dans le respect de la souveraineté et du leadership de la RCA elle-même.
Saint-Cyr Gbégbé-Ngaïna
