Le nouveau Président de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA), Eustache Michaël Mounzatela, réagit sur les priorités majeures qui doivent guider l’action de cette corporation après plusieurs années d’inactivité. Ceci fait suite à la tenue de l’Assemblée Générale Elective du 21 février 2026 dans la capitale centrafricaine. Selon ce dernier, il s’agit d’une occasion de renforcer davantage la crédibilité, l’unité et le professionnalisme de la presse centrafricaine. Cette position est exprimée le 24 février 2026, au cours d’une interview exclusive accordée à Radio Lengo Songo. Nous vous proposons l’intégralité de la réaction du nouveau Président de l’Union des Journalistes de Centrafrique.
RLS: Monsieur Eustache Michaël Mounzatela, bonjour.
EMM : Bonjour, Monsieur le Journaliste.
RLS : A l’issue de votre élection à la tête de l’Union des Journalistes de Centrafrique (UJCA), quelles sont, selon vous, les priorités majeures qui doivent guider votre action afin de renforcer davantage la crédibilité, l’unité et le professionnalisme de la presse centrafricaine ?
EMM : D’abord, permettez-moi d’adresser mes remerciements à tous mes collègues Journalistes qui ont placé leur confiance en ma modeste personne, ainsi qu’aux autres membres du Bureau Exécutif pour conduire la destinée de notre union pendant ce mandat. Je remercie également Radio Lengo Songo pour l’opportunité que vous me donnez aujourd’hui. Chers Confrères, nous prenons le bateau de l’UJCA, avec beaucoup de défis. L’un des défis prioritaires actuellement, est l’obtention des documents légaux de notre organisation, car nous n’en avons pas. Nous n’avons pas également de siège depuis un certain temps. Nous allons travailler dans ce sens. Nous travaillerons aussi pour professionnaliser le métier. Aujourd’hui, il n’y a pas vraiment assez de sérieux. Il y a beaucoup de phénomènes de «Journalistes Gombo».
RLS : «Journalistes Gombo», vous voulez dire quoi par-là ?
EMM : C’est-à-dire ceux qui ne sont pas vraiment Journalistes et qui infestent le milieu. Nous allons travailler avec le Haut Conseil de la Communication et le ministère de la Communication pour que la question de la carte de presse soit prioritaire et fasse partie des priorités de ce premier trimestre de notre prise de fonction. Pour obtenir la carte de presse, il y aura des conditions à remplir. Nous allons vérifier si la personne a été formée en journalisme, si elle est issue d’une école de journalisme, si elle maîtrise les fondamentaux du métier, et bien d’autres conditions qui seront précisées avant la délivrance de ladite carte.
RLS : Pouvez-vous nous présenter les grandes lignes de votre plan d’action pour ce mandat, notamment en matière de formation continue, de défense de la liberté de la presse et d’amélioration des conditions de travail des Journalistes en République Centrafricaine ?
EMM: C’est d’abord de professionnaliser l’exercice du métier de Journaliste en Centrafrique. Il y a des étapes, nous n’allons pas tout faire au même moment. Il y aura la formation continue. Nous organiserons des séances de causerie, des débats, des partages d’expériences avec les anciens, ainsi que des cafés-presses où les Journalistes pourront se rencontrer, discuter, s’autocritiquer et s’autoévaluer. Nous organiserons aussi, avec le concours de certains partenaires, des voyages de presse à l’intérieur comme à l’extérieur du pays afin de permettre aux confrères et consœurs d’acquérir plus d’expérience. Dans un avenir proche, après l’obtention des documents légaux et d’un siège officiel, nous irons à la rencontre des confrères dans les différentes rédactions pour écouter leurs préoccupations, recenser leurs difficultés et mettre en place une stratégie d’accompagnement.
RLS : Monsieur Eustache Michaël Mounzatela, vous mesurez le poids de la tâche, notamment en ce qui concerne les moyens pour doter l’UJCA d’un siège national. Disposez-vous des moyens nécessaires ?
EMM: Nous n’avons pas encore les moyens, mais nous ne devons pas continuer à souffrir du phénomène qu’on appelle le nanisme. Nous devons voir loin, avoir de l’ambition et une vision. Notre vision est d’avoir un siège. Déjà, il y a la volonté. Si la volonté est là, nous pouvons y parvenir. Nous allons travailler avec les confrères et les partenaires pour rendre effective cette question du siège et obtenir les documents légaux.
RLS : Quels sont, selon vous, les principaux défis auxquels l’UJCA sera confrontée durant votre mandat ?
EMM: C’est d’amener le Journaliste Centrafricain à être professionnel. Si le Journaliste comprend cela, beaucoup de difficultés du passé seront surmontées.
RLS : S’il y avait, je ne le souhaite pas, des freins d’ordre politique, que feriez-vous ?
EMM: L’Union des Journalistes de Centrafrique travaille pour l’intérêt national et pour valoriser le pays. Elle travaillera en collaboration avec le gouvernement, qui est un partenaire. Nous discuterons pour améliorer les conditions de travail des journalistes, y compris sur le plan financier. Beaucoup de Journalistes sont mal payés et la presse ne reçoit pas suffisamment de subventions. La meilleure démarche sera le dialogue avec le gouvernement afin de trouver un consensus.
RLS : Quel message adressez-vous aux Journalistes Centrafricains et aux autorités du pays ?
EMM: Je demande aux Confrères Journalistes de respecter les fondamentaux du métier, c’est-à-dire, d’être professionnels. Aux autorités du pays, je demande de considérer et de respecter le travail du Journaliste, de lui donner la possibilité d’exercer librement, car le journalisme est un métier exigeant.
RLS : Monsieur Eustache Michaël Mounzatela, par ma voix, Radio Lengo Songo vous remercie.
Interview réalisé par Marcelin Endjikélé Kossikako
