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À Cité Jean XXIII, dans le 4ᵉ arrondissement de Bangui, l’accès à l’eau potable devient de plus en plus préoccupant. Plusieurs forages installés dans le secteur sont en panne, contraignant les habitants à parcourir de longues distances pour s’approvisionner. La population appelle à une intervention urgente des services compétents.
La situation est visible sur le terrain. À proximité de l’église « La Colombe », un forage à l’arrêt attire régulièrement des habitants venus s’enquérir de l’évolution des travaux de dépannage. Plusieurs femmes rencontrées sur place déplorent une situation qui perturbe fortement leur quotidien.
« Dès son installation, le forage est tombé en panne. Je demande donc à l’ANEA de venir le réparer afin d’aider les ménages qui dépendent de cette eau au quotidien. Depuis le début, nous souffrons de ce problème et, jusqu’à aujourd’hui, la situation n’a pas changé », témoigne une habitante.
Pour certaines familles, cette panne a également des conséquences économiques. « À Cité Jean XXIII, nous avons un sérieux problème d’eau. Nous sommes en période de vacances et moi, je vends de l’eau pour préparer la rentrée de mes enfants. Mais aujourd’hui, il n’y a plus d’eau. Je vais faire comment ? », s’interroge-t-elle, avant de lancer un appel aux autorités pour une intervention rapide.
La panne du forage de « La Colombe » n’est pas un cas isolé. Selon les habitants, plusieurs ouvrages installés entre Kagamangoulou et Cité Jean XXIII seraient également hors service.
Yves, gérant du forage de l’église « La Colombe », s’inquiète notamment des répercussions de cette situation sur les populations, particulièrement les enfants.
« Il faut qu’ils reviennent réparer le forage. Même un petit enfant que sa maman envoie puiser de l’eau ne peut plus le faire. C’est la vérité », déplore-t-il.
Face à cette situation, les habitants sont obligés de se déplacer vers d’autres points d’eau, parfois éloignés de leurs domiciles, pour satisfaire leurs besoins quotidiens.
Le chef de quartier Cité Jean XXIII, René Koumon, confirme les plaintes de ses administrés. Il rappelle que son quartier fait partie des bénéficiaires des forages installés dans le cadre d’un programme visant à renforcer l’accès à l’eau dans le 4ᵉ arrondissement.
« Parmi les 100 forages que le gouvernement doit installer dans le 4ᵉ arrondissement, notre quartier a également bénéficié d’un forage. De Kagamangoulou jusqu’à Cité Jean XXIII, presque tous les forages sont en panne », affirme-t-il.
Selon lui, l’absence de remise officielle des ouvrages ne permet pas encore la mise en place effective de comités de gestion. Dans ces conditions, ce sont les chefs de quartier et des personnes de bonne volonté qui contribuent financièrement pour assurer certaines réparations.
René Koumon appelle ainsi l’Agence Nationale de l’Eau et de l’Assainissement en milieu rural (ANEA) à mettre en place un mécanisme permanent de suivi.
« Je demande à l’ANEA de mettre en place un mécanisme de suivi. En cas de panne, la population doit être informée et les réparations doivent être faites rapidement. Malheureusement, depuis l’installation de ces forages, il n’existe aucune équipe de suivi dans les secteurs du 4ᵉ arrondissement, de Cité Jean XXIII et de Kagamangoulou. C’est la même situation partout », déplore-t-il.
Contacté sur cette question, le Directeur général de l’Agence Nationale de l’Eau et de l’Assainissement en milieu rural (ANEA), Barthélemy Wilfrid Pounaba, assure que son institution est déjà informée des difficultés rencontrées sur le terrain.
« Oui, nous sommes saisis jour et nuit de la situation parce que nous disposons dans le pays de plus de 11 antennes. Au niveau de Bangui, nous avons un responsable d’antenne qui travaille avec les mobilisateurs communautaires, les artisans réparateurs et les comités de point d’eau. Dès qu’il y a une panne, ils sont saisis et on peut déjà trouver des pistes de solutions », explique-t-il.
La question de la maintenance et du suivi des ouvrages hydrauliques demeure donc un enjeu majeur pour les populations qui dépendent de ces installations.
Alors que la saison sèche approche, les habitants de Cité Jean XXIII souhaitent une intervention rapide pour remettre les forages en service. Ils appellent également les autorités à procéder à une évaluation globale des ouvrages hydrauliques installés dans le pays afin d’anticiper les difficultés d’accès à l’eau potable qui pourraient s’accentuer durant la période sèche.
Rédaction
