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À Bria, dans la préfecture de la Haute-Kotto, une campagne de chirurgie réparatrice de la fistule obstétricale a été officiellement lancée vendredi 18 septembre 2026 à l’Hôpital régional universitaire. Pendant 21 jours, les femmes souffrant de cette complication liée à l’accouchement pourront bénéficier gratuitement d’une prise en charge médicale et chirurgicale.
L’initiative est portée par le district sanitaire de la Haute-Kotto, en collaboration avec l’ONG internationale International Medical Corps (IMC). La cérémonie de lancement a réuni les autorités locales, les responsables sanitaires, le personnel de l’Hôpital régional universitaire de Bria, les représentants des organisations non gouvernementales ainsi que les leaders communautaires.
À l’occasion du lancement de cette campagne, le médecin-chef du district sanitaire de la Haute-Kotto, Dr Donatien Nestoran, a appelé les femmes concernées à sortir du silence et à se rendre dans les structures sanitaires pour bénéficier des soins.
Selon lui, la fistule obstétricale survient généralement à la suite d’un accouchement difficile et prolongé. Elle peut entraîner notamment des pertes permanentes d’urine ou de selles, avec de lourdes conséquences physiques, psychologiques et sociales pour les femmes qui en souffrent.
« La fistule obstétricale n’est pas une fatalité, elle n’est pas une malédiction, mais c’est une blessure, une déchirure qui survient après un accouchement difficile et trop long », explique le médecin-chef.
Ces femmes sont parfois confrontées au rejet, à la stigmatisation et à l’isolement au sein de leur famille et de leur communauté.
Face à cette situation, le Dr Donatien Nestoran lance un appel aux familles et aux communautés.
« Aux femmes qui souffrent de fistule, n’ayez plus honte, venez à l’hôpital vous faire soigner. Maris, familles, chefs de quartier et leaders communautaires, ne rejetez pas vos femmes souffrant de fistule », exhorte-t-il.
Le responsable sanitaire insiste également sur la prévention. Il encourage les jeunes femmes à effectuer régulièrement leurs consultations prénatales et à privilégier l’accouchement dans les structures de santé afin de réduire les risques liés aux complications obstétricales.
Pour Séverin Adambi, représentant de l’ONG International Medical Corps, cette campagne traduit l’engagement de l’organisation à accompagner les femmes confrontées aux conséquences physiques et psychologiques de la fistule obstétricale.
« À travers cette campagne, IMC réaffirme son engagement envers de nombreuses femmes qui vivent depuis parfois plusieurs années avec les conséquences physiques et psychologiques de cette maladie », souligne-t-il.
Il salue également la mobilisation des équipes médicales de l’Hôpital régional universitaire de Bria et l’appui du bailleur ayant permis la mise en œuvre de cette activité au profit des femmes de la République centrafricaine, particulièrement celles de la région de la Haute-Kotto.
Pour les femmes déjà opérées lors des précédentes campagnes, cette prise en charge représente une véritable chance de retrouver une vie normale.
Une ancienne patiente, aujourd’hui guérie, raconte avoir vécu pendant plusieurs années avec des écoulements permanents d’urine apparus après son accouchement.
« Je ne pouvais pas rester parmi les gens. Je ne travaillais pas. Les gens me critiquaient et m’insultaient. Même aller à l’église était difficile », témoigne-t-elle.
Elle encourage à son tour les autres femmes concernées à ne plus se cacher et à profiter de la campagne en cours.
« Je demande aux femmes qui ont des problèmes de fistule de venir se faire traiter afin qu’elles puissent être guéries », lance-t-elle.
La campagne de chirurgie réparatrice de la fistule obstétricale se poursuit pendant 21 jours à l’Hôpital régional universitaire de Bria.
Les femmes souffrant de cette pathologie peuvent bénéficier gratuitement du traitement, dans le cadre de cette campagne.
À travers cette initiative, les autorités sanitaires et leurs partenaires entendent non seulement réparer les séquelles physiques de la fistule obstétricale, mais aussi contribuer à briser le silence et la stigmatisation qui entourent encore cette maladie dans certaines communautés.
Honoré Sylvestre Lombeti
