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À la tribune de la 81ème session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le Président Centrafricain, Faustin Archange Touadéra, a consacré une partie de son discours à l’avenir de la MINUSCA. Le Chef de l’État a réaffirmé la volonté de son pays d’assumer pleinement sa sécurité, tout en demandant que le départ de la mission onusienne soit progressif et adapté aux conditions sécuritaires du pays.
Selon lui,la République Centrafricaine aspire, comme toute nation souveraine, à assumer pleinement seule sa sécurité. Mais, cette volonté d’autonomie sécuritaire ne signifie pas, «un retrait précipité de la MINUSCA», a-t-il présenté.
Il a également insisté sur la nécessité d’une transition maîtrisée, «tout retrait de la MINUSCA doit être progressif, se construire sur des critères objectifs et partagés, et non sur un calendrier arbitraire déconnecté des réalités du terrain», a-t-il fait savoir.
Cette position intervient alors que le gouvernement centrafricain et la MINUSCA ont déjà engagé des discussions sur la planification de la transition. Le 10 août 2026 à Bangui, une réunion de haut niveau présidée conjointement par le Premier ministre Félix Moloua et la Cheffe de la MINUSCA, Valentine Rugwabiza, a réuni des membres du gouvernement, des responsables de la mission, des experts et des diplomates. Les échanges portaient notamment sur le transfert graduel des tâches et responsabilités de la mission aux institutions nationales.
À cette occasion, Valentine Rugwabiza avait souligné que l’objectif était de parvenir à une transition «graduelle, ordonnée et responsable», tout en tenant compte de la réalité du terrain.
De son côté, le Premier ministre Félix Moloua avait précisé que le processus ne devait pas être assimilé à un désengagement brusque. Il s’agissait plutôt, selon lui, d’un transfert méthodique, progressif, structuré et concerté des compétences et des charges.
Le processus de transition n’est donc pas seulement envisagé. Certaines responsabilités ont déjà commencé à être transférées aux institutions centrafricaines. Le 5 août 2026, la MINUSCA a officiellement fermé sa Division de l’assistance électorale, après six années d’appui aux processus électoraux en RCA. La mission a présenté cette fermeture comme une nouvelle étape du transfert progressif des responsabilités aux autorités nationales.
Sur le terrain sécuritaire, la mission a également procédé à une reconfiguration de son dispositif. Entre janvier et juin 2026, la MINUSCA a fermé 21 bases, dont sept (7) bases opérationnelles permanentes et 14 bases opérationnelles temporaires situées dans des zones considérées comme stabilisées. Trois bureaux de terrain ont également été fermés, ainsi qu’un des trois principaux sites de la mission à Bangui. Ces changements visent notamment à permettre à la MINUSCA de concentrer davantage ses moyens sur les zones jugées les plus fragiles.
Pour Bangui, la question centrale reste celle de la capacité des forces nationales à reprendre progressivement les responsabilités assumées par la mission onusienne. Le discours du Président Touadéra s’inscrit précisément dans cette logique. Le Chef de l’État souhaite une République Centrafricaine capable d’assurer, elle-même, sa sécurité, mais estime que cette évolution doit être accompagnée et évaluée en fonction de la situation réelle sur le terrain.
Cette préoccupation intervient également dans un contexte régional marqué par les conséquences de la guerre au Soudan. Dans son discours à New York, Faustin Archange Touadéra a évoqué l’afflux de réfugiés dans le Nord-Est du pays et les violences enregistrées à Am-Dafock. Pour ce dernier, ces dynamiques régionales constituent des éléments à prendre en compte dans toute réflexion sur l’évolution du dispositif sécuritaire international en RCA.
Le Président Touadéra a ainsi placé la question de la MINUSCA dans une perspective plus large : celle d’un transfert progressif des responsabilités vers l’État centrafricain, sans compromettre les acquis sécuritaires obtenus ces dernières années.
Retenons que pour le Chef de l’Etat Centrafricain, une chose demeure toutefois essentielle : le retrait de la MINUSCA ne doit pas être déterminé par une échéance abstraite, mais par «les réalités du terrain». C’est autour de cette exigence que devrait continuer à se structurer le dialogue entre Bangui et les Nations Unies sur l’avenir de la mission en République Centrafricaine.
Brunel Saraga
