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La Cour pénale internationale (CPI) a tenu le jeudi 1er octobre 2026, une audience consacrée aux réparations en faveur des victimes dans l’affaire opposant le Procureur à Alfred Yekatom et Patrice Edouard Ngaïssona. Cette audience a permis aux différentes parties de présenter leurs observations sur les conséquences des violences et sur les modalités d’une éventuelle réparation.
Au cours des débats publics, les représentants des victimes ont exposé les souffrances et les atrocités qu’auraient subies les personnes affectées durant la période de crise en République centrafricaine. Ils estiment qu’une réparation constitue une étape importante pour permettre aux victimes de retrouver leur dignité et de reconstruire leur vie. Dans cette perspective, une demande de réparation évaluée à 15 millions d’euros, soit environ 9,75 milliards de francs CFA, a été formulée.
De son côté, le Fonds au profit des victimes estime que le processus de réparation doit être engagé de manière rigoureuse et organisée. L’objectif affiché est de garantir que l’aide bénéficie effectivement aux personnes reconnues comme victimes, tout en limitant les risques de fraude ou d’infiltration dans le processus d’identification.
Les avocats d’Alfred Yekatom ont, pour leur part, exprimé des réserves concernant le nombre de victimes présenté dans le cadre de cette procédure. Selon la défense, près de 10 000 victimes auraient été recensées, un chiffre jugé supérieur aux attentes.
Les avocats demandent ainsi que les fiches d’identification soient minutieusement vérifiées afin de déterminer l’identité et le statut de chaque victime concernée par les réparations.
Du côté de Patrice Edouard Ngaïssona, la défense estime que la procédure de réparation intervient alors que certains aspects judiciaires de l’affaire restent en cours. Les avocats font notamment référence à la procédure d’appel engagée contre la décision rendue précédemment et soutiennent qu’il convient d’attendre l’issue de cette procédure.
La défense conteste également le montant des réparations réclamé par les victimes. Selon elle, une telle somme pourrait avoir des conséquences considérables pour l’accusé, qui, depuis son arrestation, aurait perdu une grande partie de ses biens et ne disposerait plus des ressources nécessaires pour faire face à une telle obligation financière.
La procédure reste donc suspendue à l’évolution du dossier devant les juridictions de la CPI. L’issue de l’appel sera déterminante pour la suite de l’affaire, alors que les réparations constituent une procédure distincte visant à répondre aux préjudices subis par les victimes.
À ce stade, les débats mettent en évidence des positions divergentes : les victimes réclament une réparation à la hauteur des préjudices allégués, le Fonds au profit des victimes insiste sur la fiabilité du processus d’identification, tandis que les défenses contestent certains éléments de la procédure et du montant réclamé.
La prochaine étape dépendra ainsi de la décision attendue dans la procédure d’appel et de ses conséquences sur la suite de la procédure relative aux réparations.
Rédaction
