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Réunis à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale, les Chefs de quartiers et de groupe, ont échangé avec le Chef de l’Etat Centrafricain, Faustin Archange Touadéra, le 14 octobre 2026, sur leur rôle dans la consolidation de la paix et les difficultés liées à l’exercice de leurs fonctions.
Au cours de cette rencontre, sur initiative du Conseil des Leaders pour la Paix et la Sécurité Nationale (CLPSN), le Chef de l’État leur a confié six (6) missions prioritaires et annoncé quatre (4) chantiers destinés à renforcer leurs capacités d’action.
De leur côté, les responsables locaux ont soulevé deux (2) préoccupations majeures : «leur implication dans le recrutement des Forces Armées Centrafricaines (FACA) et la prolifération des cellules de prière à Bangui».
Les Chefs de quartiers et de groupe, maillons essentiels entre la population et l’administration, sont appelés à jouer un rôle accru dans la consolidation de la paix en République Centrafricaine. C’est le message adressé par le Président Faustin Archange Touadéra lors de sa rencontre avec ces responsables locaux à l’hémicycle de l’Assemblée Nationale.
Reconnaissant leur contribution au maintien de la cohésion sociale, le Président de la République, a salué leur engagement auprès des communautés, notamment durant les périodes difficiles qu’a traversées le pays. Selon lui, «leur proximité avec les habitants leur permet de prévenir les conflits, de faciliter le dialogue et de transmettre les préoccupations des populations aux autorités compétentes», a-t-il décliné.
Pour le Père de la Nation, «la préservation de la paix ne relève pas uniquement des institutions nationales. Elle nécessite également l’implication des acteurs locaux, qui connaissent les réalités de leurs communautés», a-t-il rappelé, avant d’ajouter avec les six (6) missions essentielles confiées aux Chefs de quartier et de groupe.
La première concerne la vigilance, afin de repérer les situations inhabituelles susceptibles de menacer la tranquillité des quartiers, sans tomber dans la délation ni les règlements de comptes.
La deuxième porte sur l’alerte précoce. Les responsables locaux sont invités à signaler rapidement aux autorités administratives et aux forces de défense et de sécurité toute tension susceptible de dégénérer.
La troisième mission est la promotion de la cohésion sociale. Le Chef de l’État leur a demandé de favoriser le vivre-ensemble, de prévenir les divisions et de privilégier le dialogue pour régler les différends entre citoyens, sans distinction d’origine, de religion ou d’appartenance communautaire.
La quatrième mission consiste à lutter contre les discours de haine et les fausses nouvelles. Face à la circulation des rumeurs, notamment sur les réseaux sociaux, les chefs de quartier sont appelés à promouvoir des informations fiables et à encourager l’apaisement.
La cinquième mission concerne l’encadrement de la jeunesse. Le Président Touadéra les a exhortés à orienter les jeunes vers l’éducation, la formation professionnelle, le travail et les activités communautaires, afin de les préserver des manipulations et de la violence.
Enfin, la sixième mission porte sur la lutte contre la délinquance, les braquages, les cambriolages et les vols de motos. Les chefs de quartiers sont appelés à collaborer avec les commissariats et les brigades, notamment en signalant les lieux de recel et les engins suspects. Le Chef de l’État a également encouragé l’immatriculation des motos et la conservation des documents correspondants.
Au-delà de ces responsabilités, le Président de la République a reconnu les difficultés rencontrées par les Chefs de quartiers et de groupe dans l’exercice de leurs fonctions, notamment le manque de moyens et l’insuffisance de reconnaissance de leur rôle.
Quatre chantiers ont ainsi été annoncés pour examen avec le gouvernement et les collectivités compétentes.
Le premier vise à clarifier et renforcer le cadre juridique de leurs missions, leur protection dans l’exercice de leurs fonctions et leur place dans les mécanismes locaux de conciliation.
Le deuxième concerne l’amélioration de leurs conditions de travail, à travers l’étude de mesures portant notamment sur les indemnités, les fournitures de bureau, les moyens d’identification et l’accompagnement de leurs activités de proximité.
Le troisième chantier prévoit l’amélioration de la circulation de l’information et des mécanismes d’alerte entre les chefs de quartier, les autorités administratives et les forces de sécurité. Les propositions relatives aux lignes téléphoniques dédiées et à la formation des responsables locaux devront également être examinées.
Le quatrième porte sur le renforcement de la discipline et de la responsabilité des acteurs de la sécurité. Le président a insisté sur la nécessité de traiter avec rigueur et impartialité les signalements d’abus, de violences et de pratiques irrégulières, dans le respect des droits de chacun.
Le Chef de l’État a, par ailleurs, appelé à la mise en place d’un cadre de concertation régulier pour assurer le suivi des propositions et évaluer les progrès réalisés. Il a réaffirmé que la vigilance ne devait jamais se transformer en suspicion et que les comités de veille devaient agir dans le respect de la loi, en collaboration avec les services de sécurité.
Du côté des Chefs de quartiers et de groupe, les échanges ont également permis de mettre en avant plusieurs préoccupations liées à la vie des communautés.
Parmi les principales revendications, figure leur implication dans le processus de recrutement des Forces Armées Centrafricaines (FACA). Les responsables locaux souhaitent être associés à cette démarche afin de contribuer, selon eux, à une meilleure connaissance des candidats.
Ils estiment que leur proximité avec la population leur permet de connaître le parcours et la moralité des personnes vivant dans leurs secteurs et de signaler d’éventuels profils problématiques.
Cette demande vise, selon les chefs, à renforcer la vigilance dans le recrutement et à prévenir l’intégration de personnes qu’ils considèrent comme ayant des antécédents incompatibles avec les exigences de la fonction militaire.
Autre sujet soulevé est la multiplication des cellules de prière dans la ville de Bangui. Les chefs de quartier ont interpellé le gouvernement sur ce phénomène, appelant à une attention particulière des autorités face à leur prolifération. Cette préoccupation pose notamment la question du suivi de ces structures dans les quartiers, même si les modalités précises de contrôle ou d’encadrement restent à définir.
Brunel Saraga
